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Elles : l’alto au féminin de Marina Thibeault

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Frédéric Cardin

L’altiste Marina Thibeault (Révélation Radio-Canada en musique classique 2016-2017) sort un deuxième album intitulé Elles. Il s’agit d’un hommage à des compositrices allant du 19e au 21 e siècle, comme Clara Schumann, Fanny Hensel (Mendelssohn), Rebecca Clarke et quelques autres.

Nous sommes tour à tour séduits, charmés, touchés, surpris et impressionnés par cet album qui trace un fil chronologique tout féminin de la musique pour alto, débutant au 19e siècle avec Clara Schumann (Wieck) et Fanny Hensel (Mendelssohn), se poursuivant au 20e avec Nadia Boulanger, Rebecca Clarke et Lilian Fuchs, et se terminant au 21e avec Anna Pidgorna.

La séduction vient de Clara Schumann, avec les douces Romances, op. 22, et le charme de Nadia Boulanger avec ses Trois pièces pour violoncelle et piano (ici arrangées pour alto, évidemment). On ne devinait pas cette qualité de plume venant de cette grande pédagogue qui a enseigné à presque tout ce qu’il y a eu de grands compositeurs au 20e siècle (Copland, Barber, Françaix, Carter, Glass, Piazzolla, Michel Legrand, Vladimir Cosma, etc.).

Nous sommes ensuite touché par la délicatesse d’écriture du Dämmrung senkte sich von oben (Le crépuscule qui tombe d’en haut) de Fanny Hensel (Mendelssohn), une œuvre nocturne qui convient idéalement à la couleur naturellement sombre de l’alto.

La grande découverte de cet album vient de Rebecca Clarke, compositrice britannique née en 1886, inspirée par les poètes français et dont la Sonate pour alto et piano est une merveille à écouter d’urgence, teintée d’un debussysme élégant et très personnel.

La Sonate pastorale pour alto solo de Lilian Fuchs a un caractère sombre et sérieux, mais titillé ici et là par quelques velléités folkloristes, puis, The Child, Bringer of Light, de la jeune compositrice Anna Pidgorna (née en 1985), est une œuvre aux textures éclatées, aux sonorités expressionnistes, avec force glissandos, pizzicatos, cordes plus grattées que frottées, etc. Cela dit, bien qu’elle soit d’un modernisme assez poussé, la pièce n’est pas agressante. Il semble que l’Enfant de lumière évoqué soit fait de scintillements éparpillés, déconstruits telle la lumière du soleil à travers un prisme, ici celui de l’écriture de cette compositrice née en Ukraine.

Le répertoire pour alto est, disons, peu foisonnant. La musique de compositrices ne se fait pas prolixe non plus, quoique la tendance soit heureusement à la hausse. Imaginez faire un album de musique pour alto écrite par des femmes; le défi peut apparaître redoutable. Mais en creusant un tout petit peu, on y arrive, et l’on fait même de superbes découvertes! S’il y a une artiste québécoise qui pouvait apporter ce genre de contribution significative, c’est bien Marina Thibeault!

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