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Dudamel et Maduro : un chef d’orchestre contre un chef d’État
Par
Isabelle Poulin

Date de publication

28 sept. 2017

Genre

On dit que la musique adoucit les mœurs, mais qui dit que les musiciens doivent se taire devant un gouvernement autoritaire? La guerre est ouverte entre Gustavo Dudamel, le directeur musical de l’Orchestre des jeunes Simon Bolivar, au Venezuela, et le président du pays, Nicolas Maduro.

Gustavo Dudamel, un des chefs-vedettes de la musique classique dans le monde, a récemment dénoncé publiquement et dans de prestigieuses tribunes la violence exercée par les forces de l’ordre vénézuéliennes contre des opposants au gouvernement Maduro. Conséquence : la tournée aux États-Unis que devait effectuer en septembre l’Orchestre Simon Bolivar a été annulée par le bureau du président vénézuélien lui-même.

El Sistema

Cet orchestre, qui est une émanation du programme musical et social El Sistema,est pourtant un ambassadeur culturel de premier plan et un exemple probant de l’effet positif d’un financement public soutenu.

À la création du programme, en 1975, ils étaient une douzaine d’enfants à tirer des notes de leurs instruments. Quarante ans plus tard, ils sont plus de 700 000 dans tout le Venezuela à bénéficier d'El Sistema.

L’idée de départ, c’était d’aider les enfants défavorisés en leur faisant jouer de la musique. Et ça marche! L’Orchestre des jeunes Simon Bolivar, sous la direction de Gustavo Dudamel, lui-même un pur produit d’El Sistema, en est la preuve vivante et vibrante.

La lettre de Gustavo Dudamel

Devant la profonde crise politique, économique et sociale dans laquelle est plongé le gouvernement Maduro, qui réprime durement les manifestations d’opposants, Gustavo Dudamel a d'abord été critiqué sévèrement pour son silence. Certains l’ont accusé de compromissions avec le régime en place depuis Hugo Chavez, pour ne pas, semble-t-il, mettre à mal le financement de son orchestre et d’El Sistema.

Mais un évènement l’a fait sortir des coulisses : la mort, le 3 mai dernier, d’un musicien de 18 ans, abattu pendant une manifestation. Dudamel a alors dénoncé un conflit fratricide et a appelé à plus de démocratie. Et puis, à la mi-juillet, à deux semaines de l’élection d’une Assemblée constituante qui a repris les pouvoirs au Parlement et à l’opposition, il a signé une lettre publiée par le New York Times et El Païs dans laquelle il réagissait aux 124 morts depuis avril, à la violence exercée par les forces de l’ordre pendant les manifestations quasi quotidiennes et à la dérive autoritaire du gouvernement.

La riposte de Maduro a été cinglante. De ces prises de position a donc découlé l’annulation de la tournée américaine de l’Orchestre Simon Bolivar. Gustavo Dudamel a réagi sur Twitter en disant que ses musiciens et lui-même continueraient à se battre pour un Venezuela et un monde meilleurs.

Un concert de condamnations

Depuis, des voix s’élèvent dans la communauté internationale pour dénoncer la répression et l’usage systématique et généralisé de la force exercés par le régime Maduro contre ses opposants. Ces termes sont utilisés dans un rapport du Haut-Commissariat de l’Organisation des Nations unies pour les droits de l’homme, publié le 30 août. Le Canada, pour sa part, vient d’imposer des sanctions contre 40 dirigeants du Venezuela, incluant le président Maduro. Ottawa a ordonné un gel des actifs que pourraient détenir ces individus au Canada et a interdit aux Canadiens de faire affaire avec eux.

Nous consacrons une partie de l’émission Café, Mozart et compagnie de samedi à Gustavo Dudamel et à sa compatriote, la pianiste Gabriela Montero, vers 9 h 15 (HE).

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