Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.
Intelligence artificielle : la fin du musicien?
Par
François Lemay

Date de publication

07 sept. 2017

C’est dans l’air du temps : la robotisation risque de mettre bien des ouvrières et des ouvriers au chômage. Une chose, par contre, que le robot ne pourra jamais aussi bien faire que l’humain, c’est la création d’objets culturels destinés à faire réfléchir, à éveiller notre sensibilité ou, encore, à nous divertir.

Ha non? Peut-être que oui. Prenez quelques minutes pour écouter cette chanson de l’Américaine Taryn Southern, intitulée Break Free.

C’est de la pop comme on en entend toutes les fois que l’on syntonise une radio qui diffuse de la musique de ce genre. Ce qui la rend intéressante, si on peut s’exprimer ainsi, c’est que la musique de cette chanson a été composée par une intelligence artificielle (IA). En fait, toutes les pièces que l’on pourra entendre sur le très bien nommé album I AM AI (que l’on pourrait traduire par : Je suis l’intelligence artificielle), qui paraîtra quelque part en novembre, ont été écrites par Amper Music, une intelligence artificielle dédiée à la composition musicale.

En plus, c’est très simple d’utilisation. Vous pouvez vous-mêmes, si vous le désirez, « composer » une pièce en quelques clics de souris. Je l’ai essayé et l’extrait suivant a été fait en moins de deux minutes.

Console de mixage
Musique composée par Amper

Musique composée par une intelligence artificielle

Audio

Comment ça fonctionne?
On choisit le type de musique que l’on veut que l’intelligence artificielle compose pour nous, l’instrumentation, le tempo, la durée, la clé de départ et voilà, c’est fait. Évidemment, c’est loin d’être parfait, surtout pour les longues pièces et, heureusement, on a encore besoin de l’humain pour peaufiner la chose. Mais le ver est dans le fruit.

Est-ce inquiétant?
Amper est une entreprise en démarrage qui a réussi à amasser 4 millions de dollars via une plateforme de sociofinancement, le printemps dernier. Ce qui peut sembler particulièrement ironique, dans cette démarche, c’est que le PDG de l’entreprise, Drew Silverstein, est lui-même compositeur de musiques de film.

Pourquoi se tirer dans le pied, alors? À l’origine, Silverstein voulait créer un logiciel qui lui permettrait de composer de courtes musiques originales et il trouvait ridicule l’idée de travailler pendant des heures sur une pièce que l’on n’entendrait que quelques secondes dans un film. Et pourquoi perdre son temps à chercher dans des discothèques virtuelles libres de droits, alors que l’on pourrait, en quelques minutes, confier la tâche à un ordinateur, qui serait en mesure de composer une pièce totalement originale?

Dans une entrevue accordée au site Hypebot, Silverstein a répondu ceci lorsqu’il lui a été demandé ce qu’il entrevoyait dans le futur, en ce qui concerne l’évolution de la création assistée par une intelligence artificielle :

Je pense que l’intelligence artificielle créative deviendra omniprésente et normalisée. Qu’elle soit utilisée dans les voitures à conduite autonome, dans les soins de santé ou en musique, je pense qu’elle fera tout simplement partie de nos vies et que nos petits-enfants la tiendront pour acquise comme nous le faisons avec les ordinateurs, aujourd’hui.

Drew Silverstein

Autrement dit : cela va arriver. Et c’est là que les compositeurs ont de quoi s’inquiéter. Amper n’est qu’un outil complémentaire qui permet aux créateurs de travailler à partir d’une page qui est de moins en moins blanche, et ce, dès le début du processus créatif. Pour l’instant. Mais le travail sur l’élaboration des intelligences artificielles n’en est qu’à ses balbutiements. On peut facilement entrevoir, dans un horizon à moyen terme, que les IA seront en mesure de travailler rapidement sur des compositions beaucoup plus élaborées, qui se rapprocheront assez de la sensibilité humaine pour nous donner un regard peut-être singulier et différent sur certaines questions. Cela, en soi, peut être bénéfique, et même mener à l’élaboration d’œuvres difficilement imaginables pour l’instant.

Peut-être.

Mais, pour plusieurs compositeurs qui gagnent leur vie en écrivant des musiques publicitaires ou cinématographiques, et qui se servent de ces revenus pour financer une production plus personnelle, c’est une catastrophe anticipée. Ils pourraient voir là une grande partie du peu de financement qui leur reste tout simplement disparaître. Finalement, c’est toute la société qui sera perdante. À ce moment, c’est le sujet du financement global de la culture que l’on doit aborder. Mais ça, c’est un autre débat…

-De 1967 à 2007 : les hits de l'année, d'une décennie à l'autre

-Pour consulter la page de l'émission Quand le jour se lève

ICI votre chanson

Remplissez ce formulaire pour voter et avoir la chance de gagner un prix de participation!
Prénom
Nom
Âge
Adresse de courriel
Ville
Province
Je désire que mes informations soient conservées pour mes participations ultérieures.

Vous devez remplir tous les champs

Désolé, votre vote n'a pas été enregistré. SVP, essayez de nouveau.