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Vidéo : une visite en 360° dans l’univers de John Cage avec Valérie Milot
Par
Claudia Beaumont

Date de publication

11 août 2017

Genre

Il y a 25 ans, le 12 août 1992, nous quittait le compositeur américain John Cage, reconnu pour son approche de la musique, qui consiste à la libérer de sa structure fixe et à embrasser les sons du hasard. Pour saluer son génie, notre hommage se doit bien sûr d’être original, surprenant, mais surtout cohérent avec son œuvre. C’est ainsi que nous vous proposons une expérience en 360 degrés, que Cage aurait sans doute appréciée, car elle reflète justement l’idée derrière la création de In a Landscape (1948). Valérie Milot, ex-Révélation Radio-Canada, nous propose ici la version pour harpe de l’œuvre, dans laquelle l’environnement façonne à la fois la musique et l’écoute. Alors, abandonnez-vous, mais avant, veuillez noter que :

- L’expérience d’écoute est franchement meilleure sur un appareil mobile, avec casque de réalité virtuelle (mais il n’est pas obligatoire). Sans le casque, il vous faudra bouger l’appareil dans une direction souhaitée afin de changer l’angle de vue.

- Branchez vos écouteurs! Comme il s’agit d’une musique très douce et pas très forte, nous vous suggérons aussi de monter le volume. À noter qu'il s'agit d'un son binaural, c'est-à-dire un son en trois dimensions qui correspond à une écoute naturelle. Le casque vous permettra de capter les détails sonores les plus subtils.

- Pour le visionnement sur ordinateur, nous vous recommandons les navigateurs Google Chrome ou Mozilla Firefox. Vous pouvez explorer la vidéo à l'aide des flèches directionnelles situées dans le coin supérieur gauche ou avec votre souris. Ce contenu est aussi disponible sur le site mobile d'ICI Musique.

Valérie Milot, John Cage et le cercle

Le 4 mars dernier, la harpiste lançait Orbis, qui signifie « cercle » en latin. Le titre fait écho à son propre cercle d’artistes et de collaborateurs, mais aussi à la structure des pièces qui sont issues du répertoire contemporain minimaliste (John Cage, Steve Reich, Marjan Mozeitch). Cet album a donné lieu à un spectacle multimédia et immersif, au cœur duquel trône un dôme lumineux qui couvre la harpiste. Grâce à des capteurs placés sur son corps et son instrument, son jeu dirige le mouvement des projections sur les parois de la coupole. La vidéo que vous voyez ici repousse les limites de la création présentée en salle, et ce, grâce à l’introduction de nouveaux éléments « vivants ». Pour connaître les dates du spectacle Orbis.

Quand on entend le nom de John Cage, on pense souvent à 4'33'' (une œuvre silencieuse) ou à ses pianos préparés. Mais le compositeur nous a aussi offert des musiques plus « accessibles » telles que In a Landscape, créée en 1948 pour la chorégraphe et danseuse Louise Lippold. Moins percussive qu’un bon nombre de ses autres œuvres, cette composition semble dotée d’une dimension spirituelle qui invite l’auditeur à se détendre et à éluder tout rapport métrique au temps. Il suffit à ce dernier d’écouter, simplement, et de prendre conscience de l’environnement dans lequel se situe l’écoute, aussi restreint soit-il. Pour Cage, la libération de la musique ne se fait pas sans cadrer son espace; d’où l’impression, pour l’auditeur, d’être à la fois physiquement statique et en mouvement.

John Cage en 10 points

Los Angeles : ville où sa vie a commencé. Il y est né le 5 septembre 1912.

Piano : son premier contact avec la musique. Plus tard, il a inventé le fameux piano préparé, qui a fait sa renommée et qui consiste à insérer sur les cordes différents objets dans le but de produire des sonorités nouvelles.

Pour voir comment on fait un piano préparé :

Arnold Schönberg : son tuteur, qui l’a pris pour élève en 1934, pour deux ans. Cage le tenait pour un Dieu. Schönberg considérait le jeune homme comme un inventeur de génie. Un jour, Schönberg lui a dit : « Pour pouvoir écrire de la musique, il vous faudrait le sens de l’harmonie. » Cage lui expliqua qu’il n’avait aucun sens de l’harmonie. Schönberg lui a alors dit qu’il rencontrerait toujours le même obstacle, que ce serait comme un mur au-delà duquel il ne pourrait jamais passer. Cage lui répondit : « Dans ce cas, je consacrerai toute ma vie à me cogner la tête contre ce mur. »

Hasard : qui est au cœur du processus de composition de John Cage. Libérer la musique de sa forme fixe et accepter le son autonome, sans considération logique et esthétique, tel qu’il se trouve dans la nature.

Marcel Duchamp : Cage était un ami et disciple de l’artiste français, sans doute l’un des plus influents du 20e siècle. Cage a d’ailleurs créé, en 1947, Music for Marcel Duchamp, une composition pour piano préparé. Les deux artistes se sont aussi retrouvés sur une même scène en 1968, à Toronto, à la demande du compositeur Udo Kasemets. L’œuvre présentée, Reunion, a pris l’allure d’un grand chaos. L’un des moments marquants dans la carrière de Cage.

Radio : un moyen de transmission et un instrument de musique. Tout comme le tourne-disque, d’ailleurs, dont les premiers essais ont fait de Cage une référence dans le monde des musiques électroniques. Dans les deux cas, il s’agit d’un objet sonore parmi tant d’autres, mais qui symbolise parfaitement sa philosophie, « libérer les sons de la musique ». Celle-ci est à l’origine des compositions Radio Music et Imaginary Landscape n° 4.

Saskatchewan : l’amour des champignons. En 1965, John Cage s’est rendu dans le nord de la Saskatchewan afin d’y donner un atelier d’été pour artistes professionnels. L’expert mycologue a passé un après-midi dans les bois pour chercher des champignons et s’y est perdu… Il y a passé la nuit. Des centaines de personnes sont parties à sa recherche.

4'33'' : une composition silencieuse qui, pourtant, a fait jaser, écrite en principe pour le piano, structurée en trois mouvements. Cage invitait le public à écouter, durant 4 minutes et 33 secondes, un silence qui n’existe pas, puisqu’il est constitué de sons ambiants désorganisés.

Orgue : Organ◊/ASLSP ou As Slow as Possible, la prestation musicale la plus longue au monde, écrite en 1985. Elle est exécutée sur un orgue, qui lui est entièrement consacré. Elle a débuté en 2001 à la chapelle de Saint-Buchardi à Halberstadt, en Allemagne, et devrait se terminer le 5 septembre 2640, jour du 728e anniversaire de Cage. Un reportage de la BBC à ce sujet.

Futur : il ne faut pas y penser, nous dit-il.

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