Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.
L’Opéra de Montréal présente Dialogue des carmélites
Par
Sylvia L'Écuyer

Date de publication

20 janv. 2017

Genre

À une époque, on expédiait au couvent les jeunes filles qui n’étaient pas sages, qui menaçaient d’être rebelles ou qui avaient commis des fautes graves qui entachaient l’honneur de la famille. Cette réalité est dépeinte dans divers opéras. Dans l’opéra de Massenet, la jeune Manon Lescaut est en route pour le couvent, escortée par son frère, quand elle rencontre le chevalier des Grieux, qui n’a pas beaucoup de mal à la détourner de sa vocation forcée. Dans l’opéra de Puccini, Suor Angelica est une jeune fille de bonne famille qui a eu un enfant hors mariage; c’est au couvent qu’elle expiera sa faute. Dans La Forza del Destino, de Puccini, l’histoire d’amour entre Leonora di Vargas et Don Alvaro tourne au tragique lorsque ce dernier tue accidentellement le père de la jeune fille. Pour échapper à la vengeance de son frère, Leonora entre au couvent. Il en existe bien d’autres exemples…

L’opéra de Poulenc, Dialogues des carmélites, est bien différent. Pour le chef d'orchestre Jean-François Rivest, plus souvent associé au répertoire allemand, c'est un plaisir de diriger son opéra favori. Voici l'entretien qu'il m'a accordé à ce sujet.

chef jean francois rivest opera montreal dialogue des carmelites
Jean-François Rivest

Entrevue Place à l'opéra

Audio

L’action se situe pendant la Terreur, les terribles années sanglantes qui ont suivi la prise de la Bastille en 1789. Le couvent des carmélites de Compiègne est alors un refuge pour les jeunes femmes de la noblesse prises dans la tourmente révolutionnaire et leur foi sera ultimement leur condamnation à mort. Dès l’ouverture, l’héroïne de la pièce, Blanche de la Force, annonce à son père son intention d’entrer au couvent. Elle-même n’arrive pourtant pas à justifier sa décision par une foi inébranlable et, pendant tout l’opéra, elle sera habitée par le doute. Toutefois, au tout dernier moment, elle vaincra sa peur de la mort, acceptera la foi et rejoindra ses sœurs sur l’échafaud. Cette scène finale de l’exécution des carmélites, qui vous glace le sang, est une des finales les plus percutantes de tout le répertoire lyrique. C’est aussi la conclusion inéluctable d’un opéra qui est une longue méditation sur la mort.

Cette méditation hantait Francis Poulenc au moment de la composition de l’œuvre, de 1953 à 1955. Après avoir traversé deux guerres, après avoir vu mourir son père et plusieurs de ses amis, Poulenc s’était rapproché de la religion catholique. Le sujet de cet opéra, tiré d’un scénario posthume de Georges Bernanos pour un film qui n’a été réalisé que beaucoup plus tard (avec Madeleine Renaud et Jeanne Moreau, entre autres), l’a immédiatement fasciné. Tourmenté par ses propres doutes et par la longue maladie de son compagnon, Poulenc a lui-même adapté le texte de Bernanos pour la version française de son opéra, qui a d’abord été créé en italien à la Scala.

Avec son amour de la voix, et tout particulièrement des voix de femmes, avec son langage harmonique unique et ses mélodies d’un naturel cofondant, Poulenc a créé un immense chef-d’œuvre. L’enregistrement dirigé en 1958 par Pierre Dervaux avec la distribution de la création française, qui comprenait Denise Duval, Régine Crespin et Rita Gorr, reste l’un des trésors les plus précieux de ma discothèque. Quel bonheur aujourd’hui d’entendre cet opéra avec quelques-unes des plus belles voix de chez nous! Merci à l’Opéra de Montréal!

ICI votre chanson

Remplissez ce formulaire pour voter et avoir la chance de gagner un prix de participation!
Prénom
Nom
Âge
Adresse de courriel
Ville
Province
Je désire que mes informations soient conservées pour mes participations ultérieures.

Vous devez remplir tous les champs

Désolé, votre vote n'a pas été enregistré. SVP, essayez de nouveau.