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Décès de Pierre Barouh : l'au revoir de Monique Giroux
Par
Monique Giroux

Date de publication

29 déc. 2016

Mon ami Pierre Barouh, le roi du « slow-biz », vient de nous quitter hier. Je ne pourrai pas faire ici son hagiographie en faisant abstraction de mes sentiments, de mon émotion. Pierre n'était pas un saint, il était par contre de ceux qui méritent des éloges pour avoir toujours porté en son cœur et plus haut la culture, la création, la langue et la beauté du monde. Il était issu de la culture populaire, la noble, la belle, celle de Prévert et de Brassens, de Renoir, qui étaient des rivières souterraines, des « de travers ». Pierrot a quitté l'école très tôt pour se faire et devenir... promeneur. C'est ce qu'il avait inscrit dans la case occupation de son premier passeport : promeneur. Depuis ses 14 ans, il avait la plume élégante et accessible à la fois. Il avait la voix fragile de ceux qui ne cherchent pas les effets. La richesse de son vocabulaire était remarquable et ses dons de conteur séduisaient systématiquement son auditoire, qu'il fût composé de deux amis ou de 500 spectateurs. On ne résistait pas à sa tendresse, son regard franc et candide à la fois, à son sourire d'enfant. Il était tel quel, à la rue comme à la scène.

Il répétait souvent : « Le contraire sollicite l'imaginaire. » Il savait de quoi il parlait. Avec son ami Lelouch qui disait hier : « Pierre Barouh est la seule personne dont j'ai écouté les conseils. Et son regard sur le monde est omniprésent dans la plupart de mes films. »

Personne ne voulait d'Un homme et une femme. Le tournage interrompu faute de moyens a provoqué la création des éditions Saravah. On connaît la suite : triomphe, Palme d'or, deux Oscars et quatre Golden Globes. Malgré l'appel des sirènes de la gloire, des tapis rouges et de sa notoriété nouvelle, Pierre fonde sur ce succès et en pleine période yéyé, la première maison de disques indépendante et ... subversive, Saravah. Il y a quelques jours à peine, il célébrait sur les plateaux français, les 50 ans de sa boîte dont la devise était : « Il y a des années où on a envie de ne rien faire. » Il a cru en Brigitte Fontaine, Higelin, Jean-Roger Caussimon, Maurane, Carole Laure et Lewis Furey, Bïa et Pierre Akendengué,qu'il a enregistrés sur son étiquette Saravah.

Sa vie était un film. Ses chansons étaient des courts métrages. Il filmait tout. Je me souviens de spectacles où, depuis la scène, il filmait les spectateurs.

Il était mon grand frère, et ce, bien qu'il fût de cinq ans l'aîné de mon père. Il n'avait pas d'âge. Éternel adolescent, insouciant comme le sont les poètes. Souriant du lever au couchant. Pierre était un grand auteur, un grand petit garçon, un baroudeur, un aventurier, un voyageur, un poète, un vrai, un artiste qui ne connaissait pas le poids des jours et des ans. Sa vie était une tournée qui jamais ne s'arrêtait.

À la question « Ça va, mon Pierre? », il répondait encore il y a quelques mois : « Ah oui, c'est la fournaise en ce moment, ça n'arrête pas! »... Eh bien, là, ça vient de s'arrêter et ça me rend triste.

Allez écouter Les filles du dimanche, Des ronds dans l'eau, La bicyclette, L’allégresse, Pour que la mémoire du vent retienne nos chansons, Tonio, Lili, Plus loin, Le courage d'aimer, Ça va ça vient, Vivre pour vivre, Ce n'est que de l'eau, Samba Saravah, Un homme et une femme.




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Pierre Barouh, auteur de la bicyclette et d'Un homme et une femme, est mort

Entrevue accordée par Pierre Barouh à nos collègues d’ICI Radio-Canada Première en 2013

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