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Écoutez Une heure avec Steve Reich
Par
Frédéric Trudel

Date de publication

05 oct. 2016

Genre

Soirées classiques du 4 octobre 2016 : une heure avec Steve Reich

Animation : Mario F. Paquet

Audio

Né à New York en 1936, Steve Reich étudie la philosophie avant de se tourner vers la musique et entreprendre des études à la Juilliard School puis au Mills College, en Californie, où il travaille auprès de Darius Milhaud et de Luciano Berio. Le jeune Reich pratique un certain éclectisme : il s’intéresse au jazz et à la musique africaine, il côtoie également l’underground californien et prend part à la création de In C de Terry Riley, une œuvre clé du minimalisme naissant. 

Au milieu des années 60, Reich fréquente le San Francisco Tape Music Center et réalise le potentiel créateur de la bande magnétique en expérimentant ce qu’il nomme le déphasage. Ce procédé, qui consiste à faire jouer sur deux magnétophones simultanés un même enregistrement en boucle et à les désynchroniser graduellement, génère tout un nouvel éventail de rythmes, de mélodies et de timbres inouïs. Naissent ainsi It’s Gonna Rain (1965) et Come Out (1966), réalisés à partir d’enregistrements de voix parlées. Reich décide aussitôt d’étendre ce concept du déphasage à la musique instrumentale. Il compose Piano Phase (1967) et Violin Phase (1969), des pièces plutôt radicales dans lesquelles apparaissent déjà des composantes essentielles de son œuvre : répétition, pulsation, tonalité. Voyez ici une célèbre chorégraphie de la danseuse belge Anne Theresa de Keersmaeker sur Come Out :

Reich entreprend en 1970 un voyage au Ghana pour étudier les percussions africaines traditionnelles. À son retour, il écrit l’une de ses œuvres les plus fascinantes, Drumming (1971), pour neuf percussionnistes, deux voix de femmes et piccolo, musique qui porte encore résolument l’empreinte du processus de déphasage, ici, magnifié. La présence des percussions est désormais une constante dans la musique de Reich. De Clapping Music (1972) à Mallet Quartet (2009), de nombreuses œuvres feront l’emploi de xylophones, de vibraphones, de glockenspiel et de tambours de toute sorte. Voyez les instrumentistes Anne-Julie Caron, Isabelle Tardif, Mario Boivin et Fabrice Marandola interpréter Mallet Quartet à la Chasse-galerie de Lavaltrie lors du Festival de Lanaudière en juillet 2012 :

C’est en 1976 qu’est créée à New York ce qu’on considère encore aujourd’hui comme l’œuvre la plus aboutie et la plus importante de Steve Reich, Music for 18 Musicians. Première pièce de Reich à intégrer la notion d’harmonie, cette partition colorée procure à l’auditeur une sensation d’apesanteur, proche de l’extase. Durant presque une heure, la musique se déploie au gré d’une pulsation irrésistible et de motifs mélodiques inlassablement répétés qui nous transportent en un monde sonore des plus captivants. En 1978, l’étiquette allemande ECM, bien connue des amateurs de jazz, fait paraître un enregistrement de Music for 18 Musicians, un album marquant qui contribue grandement à la renommée du compositeur et de son propre ensemble Steve Reich & Musicians, qu’il a fondé en 1966.

Les années qui suivent voient Reich se tourner vers ses racines juives et étudier les formes traditionnelles de cantillation des textes sacrés hébraïques. Tehillim (1981), musique lumineuse pour quatre voix de femme et ensemble, est la résultante de ses recherches et témoigne d’une nouvelle donne dans l’œuvre de Reich : le texte chanté. Il compose aussi le monumental Desert Music (1984), vaste fresque biblique pour chœur amplifié et orchestre sur des textes du poète William Carlos Williams. Parallèlement, le compositeur revient progressivement à l’utilisation de la bande magnétique et entreprend une série de pièces pour instrumentiste et bande préenregistrée. Ce seront les merveilleux Vermount Counterpoint (1982), New York Counterpoint (1985) et enfin Electric Counterpoint (1987), une pièce écrite à l’intention du guitariste de jazz Pat Metheny. Écoutez la harpiste Valérie Milot en jouer un arrangement pour son instrument :

Le recours aux sons préenregistrés (musique, voix parlées, bruits de machine ou de la vie courante) se confirme encore davantage dans les années qui suivent. Mais cette fois, les inflexions des voix et des bruits répétés deviennent partie prenante de la trame musicale et structurent le discours instrumental. Different Trains (1988), The Cave (1993), City Life (1995), Three Tales (2002) et, plus récemment, WTC 9/11 (2010) obéissent, pour la plupart, à ces procédés d’intégration de sons sur bande.

La musique de Steve Reich a marqué notre époque. Séduisante sans être facile, rigoureuse sans être aride, répétitive sans redites, à l’écoute de son temps, elle transcende le minimalisme et accède à une place à part dans l’histoire de la musique.  

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