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Les remarquables oubliées
Par
Claudia Larochelle

Date de publication

06 août 2016

Genre

Il n’y a pas que les écrivaines qui ont longtemps été censurées, incapables de pratiquer leur art ailleurs que dans le secret et de faire rayonner leur immense talent, faute d’être nées hommes… Les compositrices et musiciennes aussi. La preuve, êtes-vous capables d’en nommer cinq célèbres? Et pourtant, elles ont bel et bien existé, jouant seules dans leur chambre, restant dans l’ombre de leur père, frère ou mari, refoulant leur désir infini de se faire entendre, de jouer, d’être à leur tour sous les feux de la rampe.


La fin de semaine dernière, à l’émission En mouvements, je racontais justement, en introduisant l’histoire de ces grandes oubliées de la musique classique, l’histoire de Haydn, qui était, lui, très occupé à composer, et beaucoup moins préoccupé par le catalogage de ses œuvres. Je précisais qu’il existerait au moins 19 sources de son concerto le plus populaire, le Concerto no 11 en ré majeur pour clavecin ou pianoforte. Or, la fameuse source originale de Haydn lui-même serait introuvable. Ah, si seulement il avait eu plus d’ordre!

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Solistes et ensembles canadiens

On sait par contre que ce concerto aurait notamment été interprété lors d’un concert privé donné par mademoiselle Von Hartenstein, en 1780. Une autre dont la « condition de femme » a été empêcheuse de reconnaissance. Parmi ces grandes, pensons aussi à Clara Schumann au 19e siècle en Allemagne, peut-être la plus emblématique d’entre toutes, épouse de Robert Schumann, et passion secrète de Brahms, qui a tant essayé de conquérir son cœur, en vain, ne recevant en retour que de l’amitié. Déçue de ne pas pouvoir jouir de son talent, la brillante Clara trouva dans l’adversité beaucoup de réconfort auprès d’une autre grande, Fanny Mendelssohn, la sœur aînée du grand Félix, qui l’a empêchée toute sa vie, avec le père Mendelssohn, de se consacrer à la musique… À la mort de cette dernière, à 41 ans, le frère s’en mordit les doigts, regrettant amèrement ses agissements. À la même époque, la Française Louise Farrenc, encouragée pour sa part par sa famille, s’est quant à elle heurtée aux préjugés du milieu macho de la musique classique de l’époque.

Chaque fois que je prononce en ondes les noms des grands compositeurs et musiciens des siècles passés, j’ai inévitablement une pensée pour celles qui se cachaient derrière, les oubliées auxquelles je pense cette semaine en signant ce billet, consciente de la richesse de ma propre liberté d’expression.

Bises,

Claudia

Voici les livres dont Claudia discutera cette semaine :

Escapades américaines de Marie-France Bornais

Daddy Love de Joyce Carol Oates

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