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Ma voix de crécelle
Par
Claudia Larochelle

Date de publication

01 août 2016

Genre

Presque tous les compositeurs ont écrit pour ce magnifique instrument qu’est la voix humaine. Que ce soit la Passion selon saint Matthieu de Bach, les Requiems de Fauré ou de Verdi, Le voyage d’hiver de Schubert, des interprètes grandioses ont su à travers les siècles donner tonus et sensibilité à ces pièces encore écoutées aujourd’hui, et qui n’ont pas pris une ride.

Écoutez la webradio Verdi :

Verdi

L'essentiel de son oeuvre

J’aurais aimé chanter. Bien chanter. Et pas que l’opéra. Tous les genres. Je les envie, ces femmes qui peuvent donner des frissons au monde entier rien qu’en entonnant quelques notes. Avec un peu de talent, j’aurais chanté mes petites tragédies intérieures, ma mécanique du cœur, mes peines et angoisses. J’aurais pu faire rire aussi en y allant avec des histoires plus loufoques écrites sous l’inspiration d’événements.

J’aurais pu séduire comme la grande Callas le faisait, battre des cils et faire rouler les sons dans ma bouche, jouer avec eux pour qu’ils soient suffisamment convaincants pour que j’obtienne tout en retour. Je me serais avancée sur la scène en talons hauts, vêtue d’une robe ajustée, sûre de moi, assumée, souveraine et authentique, l’œil un tantinet humide. Puis, dès que ma voix se serait élevée, le public en délire serait resté suspendu à mes lèvres un long moment. Je lui aurais demandé la lune et je l’aurais peut-être obtenue. Ça ou le Caesars Palace.

J’aurais aimé, en vain. 

Or, j’ai une voix de crécelle et je ne chante même pas un peu juste. Aucun espoir d’amélioration vocale en ce sens. La Dalida qui sommeille en moi se sent bien incomprise, obligée de chanter Gigi l’amoroso loin dans le bois. Et encore… les agents de la faune m’en empêchent, craintifs pour l’ouïe des bêtes. De quoi briser l’écosystème et l’ordre mondial. Côté environnement, il vaudrait mieux ne pas en rajouter une couche.

Alors je me la ferme toujours; incomprise avec ces émotions coincées entre mes cordes vocales, frustrée dans mes essais infructueux sous la douche. Ce rendez-vous raté avec la chanson ne m’a pas empêché de faire ma vie, mais j’ai toujours cette mini douleur nounoune en écoutant celles que j’aime. 

Hier soir, ma fille m’a étonnée. « Chante maman, qu’elle m’a dit. Il n’y a que ta voix pour m’aider à faire dodo. » C’est Que sera sera qu’elle veut toujours. Comme public, entre elle ou celui des grands stades, je la préfère largement. Je peux au moins me vanter d’avoir un somnifère dans la voix. Il existe des voix somptueuses, des transcendantes, des bouleversantes ou désarmantes, aiguës, graves et tonitruantes.

Moi, j’ai la voix mélatonine. En un sens, ça fait aussi mon affaire.

Bises,

Claudia

Voici les livres dont Claudia a discuté :

Daddy Love de Joyce Carol Oates

Munch avant Munch de Giorgia Marras

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