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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les concours musicaux sans jamais oser le demander
Par
Claudia Beaumont

Date de publication

17 juin 2016

Genre

La salle Bourgie est devenue ton deuxième domicile. Tu y passes de longues journées à analyser les prestations des violonistes sur Twitter, et tu n’es pas seule : il y a le jury officiel et le public. Qui est ce public?

Des mélomanes, des adeptes de la salle Bourgie, un jury fantôme (caché derrière le jury officiel), des gens qui suivent le concours depuis de nombreuses années, de merveilleux bénévoles et des familles qui accueillent les violonistes.

Les concours sont très durs pour les nerfs des musiciens. Que font-ils pour relaxer? Ont-ils des rituels? (Il paraît qu’une ancienne candidate mordait dans un citron avant d’entrer sur scène...)

En effet, Anna Gockel mord dans un citron pour se donner de l’énergie avant de jouer. Beaucoup de musiciens se concentrent sur leur respiration, d’autres s’étirent, et bien sûr, les bananes sont très populaires!

Certains sont plus superstitieux que d’autres. Le soir qui précède la compétition, Richard Lin aime se coucher tôt, afin d’avoir au moins huit heures de sommeil. Le jour de la compétition, il fait une sieste d’une demi-heure, mange une banane et embrasse son violon avant d’entrer sur scène (vraiment mignon)!

Ji Won Song fait pour sa part une sieste et préfère ne pas trop jouer le jour d’une prestation, pour garder son énergie. Elle fait une « italienne » quelques heures avant son spectacle, c’est-à-dire qu’elle passe à travers son programme avec la moitié de la puissance requise. Quant à Xiao Wang et Fedor Rudin, ils ne sont pas superstitieux du tout! Xiao joue des cordes à vide et des gammes de 10 à 15 minutes avant sa prestation. Et pour Fedor, hop! Une banane et… du chocolat!

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Le jury officiel utilise une grille d’analyse très stricte. Y a-t-il autre chose, selon toi, qui peut influencer, voire séduire, le jury?

Ce qui importe, c’est l’attitude de l’artiste sur scène. Certains semblent mal à l’aise et d’autres sont comme des poissons dans l’eau. Des candidats plus timides étaient presque cachés dans le piano. C’est malheureux, car ça peut gravement perturber l’équilibre entre le violon et le piano dans la salle.

L’expérience, la confiance et la générosité s’entendent dans le jeu, même en fermant les yeux. Certains juges écoutent les prestations en regardant les partitions et très peu les candidats. À mon avis, c’est la méthode idéale. Sinon, c’est facile de se faire charmer par tous ces violonistes charismatiques sur scène.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes des candidats?

Commencer par Bach. Il y a une esthétique recherchée en compétition, et souvent, le candidat doit trouver des compromis entre sa personnalité et un Bach qui se conforme aux standards.

Certains candidats semblaient « dans leur tête » pendant l’interprétation du Bach. C’est dommage, car c’est comme s’ils étaient « sur pause ». Pas évident alors de découvrir leur personnalité. Lorsque le candidat commence par une autre œuvre, il permet à tous de l’apprivoiser et brise la glace. En étant plus calme, il est plus facile d’offrir un Bach intelligent qui vient du cœur!

Xiao Wang affirme que l’esthétique change tous les cinq ans, dans le monde des concours, et que seule l’expérience du musicien permet à ce dernier de s’adapter à ces transformations. Il est convaincu que l’approche actuelle est de jouer le « plein jeu », comme à l’orgue, surtout pour les fugues. Jadis, les violonistes les jouaient plus délicatement, avec des articulations plus courtes.

Quelques candidats ont opté pour des œuvres très exigeantes pour leurs accompagnateurs au piano. La Sonate de Strauss, par exemple, qui constitue probablement le plus grand défi des pianistes collaborateurs! Selon moi, on peut programmer ces œuvres chargées, mais plutôt en demi-finales, quand les pianistes ont à s’occuper de moins de candidats et qu’ils ont plus de temps pour répéter avec chacun d’eux.

Le programme des quarts de finale est composé de partitions obligatoires et d’œuvres au choix. As-tu remarqué si les candidats ont une préférence pour un compositeur en particulier?

J’étais très surprise de voir trois candidats jouer Subito de Lutosławski, et même par cœur! Ça fait plaisir de voir cette génération de violonistes s’approprier les nouveaux ajouts au répertoire pour violon! On a même eu droit à la Sonate no.1, op.11 de Hindemith, à un extrait de la Sonate pour violon seul de Bartók, à du Ginastera et à du Vladiguerov, un compositeur bulgare méconnu, sans compter les six grandes interprétations de l’Introduction et Rondo capriccioso de St-Saëns et huit sonates d’Ysaÿe.

Quels sont les facteurs qui peuvent influencer une performance?

Les cellulaires mal éteints! S’il vous plaît, vérifiez deux fois plutôt qu’une vos téléphones! Les participants se préparent pendant des mois pour cet événement. La sonnerie ne leur fera pas faire d’erreurs – ce sont des pros – mais ils peuvent sortir de leur zone de prestation et ce moment magique ne revient pas.

Que font les candidats après leurs prestations? Dodo ou terrasse?

Certains candidats ont reproduit l’alliance des trois mousquetaires : Xiao Wang, Fedor Rudin et Petteri IIvonen! « J’ai passé mes deux dernières soirées avec Petteri et Fedor! C’est génial de pouvoir se retrouver ici! », affirme Xiao.

Il faut dire que cette année, le CMIM est bien spécial. La plupart des violonistes se connaissent par le Concours Reine-Élisabeth et le Concours Sibelius. Leur relation est teintée d’un profond respect mutuel et ils se soutiennent moralement en allant s’écouter jouer les uns les autres.

Ton rôle de juré te donne une autre perspective; quels sont les constats que tu n’aurais pas pu faire avant, quand tu te trouvais sur scène?

Ce qui m’inspire le plus, c’est analyser l’événement comme un concert. Les juges et le public veulent entendre des participants qui s’amusent et se sentent en contrôle. Dans mon cas, toutes les fois où j’ai adopté cette attitude, les résultats étaient favorables. Vivre l’expérience du côté du jury fantôme le confirme.

Une autre chose à prendre à considération : l’entraînement. Ces violonistes sont impressionnants, car ils ont l’habitude des concours. D’ailleurs, il y a tellement de concours de violon, que si un musicien prend la peine de s'inscrire à tous ceux auxquels il peut participer, il développera une expérience de l’enfer! Pour décrocher un prix dans un grand concours, il faut s’entraîner… à participer aux concours.

Je suis le CMIM depuis 2003. J’aimais tellement Yossif Ivanov que j’avais des photos de lui dans mon casier à l’école (j’avais 14 ans)! Ces événements peuvent être une source de motivation inestimable. Être entourée de tous ces musiciens merveilleux, jouer pour un jury légendaire et un public chaleureux, ça fait grandir notre jeu.

Les candidats du CMIM 2016 sont si chanceux de jouer à la salle Bourgie et à la Maison symphonique avec l’OSM! D’ailleurs, je serai dans la section des altos pour la finale du concours et le concert gala. On s’y voit bientôt, j’espère!

Vidéo: Marina Thibeault interprète Le grand tango d’Astor Piazzola

Marina Thibeault

Photo de Marina Thibeault : Mathew Perrin

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