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Tous des métèques!
Par
Catherine Pépin

Date de publication

20 mai 2016

Ils s’appellent Ivo Livi, Iolanda Cristina Gigliotti, Shahnourh Varinag Aznavourian et Lucien Ginsburg ou, si vous préférez, Yves Montand, Dalida, Charles Aznavour et Serge Gainsbourg. Ils sont des piliers de notre culture musicale. Leurs parents ou grands-parents ont dû s’arracher à l’Italie, à l’Arménie ou à la Russie, et c’est avec une remarquable résilience que ces artistes ont transformé des expériences douloureuses en un enrichissement collectif.

Au moment où des milliers de réfugiés suivent aujourd’hui ces mêmes routes en cherchant une place en ce monde, il fait bon de plonger dans des destins qui ont été si fertiles en culture. C'est émouvant et chargé d’espoir.
Je vous parlerai de l’Afro-Américaine Joséphine Baker, petite fille pauvre de Saint-Louis, qui a offert sa fraîcheur au public parisien et a obtenu en échange une tolérance alors inédite pour elle. Puis, il y a eu Édith Piaf, confiée très tôt à sa grand-mère berbère ou encore Georges Moustaki (Giuseppe Mustacchi), Italo-Grec né en Égypte et auteur d’une chanson très poignante sur son grand-père, qui a un jour décidé d’embarquer à bord d’un bateau (chanson "Grand-père") :

Tous les autres m'écoutent, mais toi, tu m'entends.
On est du même bois, on est du même sang
Et je porte ton nom et tu es un peu moi,
Exilé de Corfou et de Constantinople,
Ulysse qui jamais ne revint sur ses pas.
Je suis de ton pays, métèque comme toi.

Il y a aussi Barbara, qui nous fait pleurer en évoquant sa grand-mère russe : « Que j’aimais ma grand-mère! Elle était toute menue, avec des pommettes très hautes, des grands yeux noirs, des mains très fines. Elle avait vu le jour à Tiraspol, en Moldavie, où naquit également ma mère. Elle sentait le miel et me préparait des pâtisseries aux blonds raisins de Corinthe, des strudels aux pommes et aux noix pilées. Elle me consolait de tout. »

Et Brassens, fils d’Italienne, qui nous fait sourire en écorchant les chauvins, ces « imbéciles heureux nés quelque part », lui qui a pourtant écrit une supplique pour être enterré dans sa ville natale.

Puis Serge Gainsbourg, qui redevient petit garçon au moment d’entonner une vieille valse russe.

Débarqués d’horizons lointains, ils ont finalement tous conquis le même territoire : celui des mots et de la musique, avec un infini respect pour cette langue française qu’ils ont contribué à faire rayonner.

Rendez-vous samedi 21 mai à 10 h - Le temps d’une chanson avec Catherine Pépin

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