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Le country dans la chanson française : un invité embarrassant?
Par
Catherine Pépin

Date de publication

24 mars 2016

En pleine Seconde Guerre mondiale, Roland Lebrun chante la douleur du soldat éloigné des siens. S’accompagnant à la guitare, il connaît un succès phénoménal dès 1942 et enregistrera pas moins de 200 chansons sur la vie dans l’armée, mais aussi sur l’amour maternel, le pays et la foi. Il a vendu plus d’un million d’exemplaires de ses titres au cours de sa carrière.

Hélène, une auditrice :

« Que d'émotions en ce dernier samedi d'hiver. C'est la première fois que je l'entends jouer ailleurs que sur le tourne-disque de mes parents... c'est vous dire. Ma mère avait un cahier dans lequel elle écrivait les paroles des chansons, et le soldat Lebrun y avait une place de choix... L'uniforme peut-être? »

Le succès du soldat Lebrun est tel que le chanteur est immédiatement imité. Lionel Parent, adulé des femmes qui l’écoutent chaque jour à la radio, enregistre lui aussi des chansons western : Cowboy Serenade, Beautiful Girl of the Prairie ou encore Goodbye, Little Darling, Goodbye, toutes adaptées en français.
Même l’icône country Willie Lamothe a commencé sa carrière en se faisant l’émule du soldat Lebrun. Son surnom de « Sergent chantant » trahissait son influence. Ce même Willie Lamothe qui, à la grande époque du cabaret Au Faisan Doré, montait parfois sur scène pour chanter des chansons… d’Yves Montand! Fallait-il encore une preuve que le country s’écoutait au même titre que la chanson française?

Jean-Pierre, un auditeur :

« Que vous me faites donc plaisir en faisant jouer ces airs de mon enfance. Il y avait bien ce que nous appelions la chansonnette française, mais il y avait surtout le soldat Lebrun, Roger Miron, Willie Lamothe et cie. Lorsque j'ai commencé mon cours classique (1957!), on n'a pas tardé à me démontrer que ces airs constituaient une sorte de sous-culture qu'il fallait abandonner. Même, cette entreprise de désacculturation a réussi : j'avais honte de ce que j'avais aimé. Écouter ces airs ce matin me fait du bien; ça me rappelle le temps où je ne me posais pas de questions et où j'aimais juste ça, point. Merci, merci. »

À vrai dire, avant qu’on se mette à bouder la musique western (y compris à Radio-Canada!), la plupart des gens ne se posaient pas de questions et « aimaient ça, point ». Même le plus raffiné des crooners français, Jean Sablon, a déjà succombé au country! Il a chanté Tennessee Waltz, chanson popularisée par Patti Page.

Samedi matin, la nostalgie est entrée sans prévenir dans bien des maisons avec cette parenthèse country. Au sommet de la surprise et du ravissement : ce titre de Roger Miron, À qui le p’tit coeur après neuf heures, que de nombreux auditeurs n’avaient pas entendue depuis des lunes.

Danièle, une auditrice, à propos de cette chanson :

« Grand succès aussi auprès des enfants. Nous l'avions intégrée dans nos jeux, dans notre vie. »

La censure religieuse et le snobisme n’ont pas eu raison de Roger Miron, qui a triomphé tant en Belgique (à l’Exposition universelle de Bruxelles de 1958 où on ne voulait plus le laisser partir!) qu’au Japon où son yodle a fait sensation.

Pourquoi tourner le dos à nos racines? L’appel est trop fort, le printemps est là et le cheval nous attend.

Catherine Pépin

Réécoutez ici le segment country de l'émission Le temps d'une chanson.

Le temps d'une chanson... country!

Émission du 19 mars 2016

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