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À la répétition générale d’Elektra avec les clavardeurs de Place à l’opéra 
Par
Sylvia L'Écuyer

Date de publication

26 août 2016

Genre

Après deux semaines en salle de répétition, le voile se lève petit à petit sur la mise en scène d’Alain Gauthier inspirée par l’œuvre d’un artiste espagnol, le sculpteur Victor Ochoa. Dans les coulisses de la répétition générale, j’apprends que c’est au directeur artistique de l’Opéra de Montréal, Michel Beaulac, et à son admiration pour travail d’Ochoa qu’on doit cette fructueuse rencontre. Dans un très beau texte qui accompagne l’exposition sur son travail à la Galerie Georges-Émile Lapalme, Ochoa, qui s’est souvent inspiré de la mythologie grecque classique, raconte comment il a choisi de représenter le drame tout entier dans un seul personnage. Constamment présent dans la musique d'une grande intensité, mais absent sur la scène, Agamemnon représente, selon ses termes, « la figure ancestrale de l’être humain, nu, vulnérable, confronté à son destin et à sa fatalité ».

C’est Elektra, obsédée par la mort de son père, qui sculpte cette monumentale figure d’Agamemnon, et qui va « nous entraîner avec elle vers sa libération finale ». Elle représente l’artiste dont le destin est de changer le monde, ce que personne d’autre n’a le pouvoir de faire. Victor Ochoa me dit que c’est sa première collaboration à l’opéra, mais qu’il espère que ce ne sera pas la dernière. Il faut en tout cas saluer l’audace de l’Opéra de Montréal, qui a construit ce monument de plus de 10 mètres de hauteur, formé d’une structure d’aluminium recouverte d’une « peau » formée de 250 panneaux produits par une imprimante 3D fonctionnant jour et nuit pendant sept mois et soigneusement assemblés pour donner l’impression d’une masse de bronze.

Dans sa gigantesque simplicité, laissant toute la place à la musique, ce dispositif scénique est impressionnant et très efficace. On a pu s’en rendre compte lors de la générale de jeudi soir, quand le splendide plateau de solistes, Lise Lindstrom (Elektra) en tête, a livré une performance à couper le souffle.

Voici le témoignage de deux fidèles clavardeurs de Place à l'Opéra

Sylvia L’Écuyer

Agamemnon et Yannick
par Yves Lanthier

Freud n’a pas accepté l’idée de complexe d’Électre proposée par Jung comme pendant féminin d’Œdipe, mais il n’avait pas été invité comme nous par Sylvia à la générale d’Elektra, de Richard Strauss, à l’Opéra de Montréal, où la blonde Lise Lindstrom chante le rôle le plus difficile du répertoire soprano, sur scène pendant tout l’acte unique d’une heure et demie à exprimer seule ou avec d’autres sa soif de vengeance du meurtre du père par la mère et l’amant, à rechercher la complicité de sa sœur ingénue Chrysothémis parce que leur frère Oreste, à qui est censée revenir la mission funeste, est peut-être fou, peut-être mort… en tout cas, il est en exil et ne reviendra peut-être jamais. Mais lorsqu’il revient et qu’elle le reconnaît enfin à travers les brumes de son regard brisé (lui-même a eu du mal à la reconnaître), le cri qu’elle lance en prononçant « Oreste! » porte toute la force ambivalente d’une victoire trop sûre.
Quand, enfin, Oreste a tué la mère, Clytemnestre, et l’amant, Égisthe, hors scène, la danse triomphale d’Électre, sous le regard de la statue de 25 pieds du père assassiné jadis, Agamemnon, qui a occupé la moitié de la scène pendant toute l’œuvre et qu’Électre a fait pivoter sur 360°, ou presque, pour nous révéler graduellement son visage de chef suprême conquérant de Troie sous l’énergique poussée de son deuil injuste, m’a fait penser à d’autres fins opératiques où l’extase laisse subitement place à la mort.
Dans cette première collaboration avec le librettiste Hugo von Hofmannsthal, Richard Strauss a écrit une musique expressionniste où les mélodies sont un exploit pour les interprètes, qui livrent ici toute leur âme dans ce nouveau Sophocle. Si, en regardant une célèbre version filmée de 1981, je m’étais cru devant une suite du Cabinet du docteur Caligari, hier soir, à la générale de l'Opéra de Montréal, je me croyais de l'autre côté de la rue, devant un spectacle chanté du Théâtre du Nouveau Monde.

L'Elektra de Nézet-Séguin
par Éric Cornellier
enseignant au primaire et amoureux de l'opéra

J'ai souvent essayé d'écouter les opéras de Richard Strauss et j'en étais arrivé à me dire que les œuvres lyriques de ce compositeur ne m'allumaient pas. Mais hier, ayant entendu Elektra sous la baguette de Nézet-Séguin, lors de la générale à la salle Wilfrid-Pelletier, j'ai été renversé. Et si j'avais un conseil à donner à un ami, ce serait d'aller entendre cette Elektra fabuleuse que nous offre l'Opéra de Montréal. Car il s'agit là de rien de moins qu'une révélation pour moi.

Il faut dire que Nézet-Séguin est magnifiquement bien entouré. L'orchestre répond avec une grande précision et un délicieux raffinement à sa direction intelligente et sensible qui semble émaner de tout son corps. Les chanteurs incarnent leur rôle avec une crédibilité sans faille – en particulier la fascinante soprano Lise Lindstrom dont la sensualité violente et assoiffée de sang est proprement envoûtante. La mise en scène, l'éclairage et le décor sont à la fois sobres et efficaces, mettant ainsi en valeur la monumentale sculpture de l'artiste espagnol Victor Ochoa qui représente Agamemnon, le père assassiné
d’Elektra.

Lors de la générale, à plusieurs reprises des frissons m'ont parcouru tout le corps. Écouter cette œuvre, c'est comme participer à un combat ultime. Le hasard a voulu qu'il y a peu de temps, je relisais le roman Crime et châtiment du grand Dostoïevski. Après le spectacle – le mot est ici inapproprié, il faudrait plutôt parler d'expérience initiatique - je n'ai pas pu faire autre chose que d'errer dans les rues de Montréal. Je me sentais comme Raskolnikov – le personnage principal du roman de Dostoïevski - qui erre, hébété, dans les rues de Saint-Pétersbourg en cachant sa hache sous son manteau après avoir tué, avec cet outil, une vieille usurière et sa sœur, une simple d'esprit.

Après avoir entendu cette interprétation d'Elektra, je ne suis plus le même homme. Ma connaissance de l’âme humaine est plus vaste.

Elektra est un opéra moderne. Son atmosphère est souvent inquiétante et sa musique imposante. Découvrez l'oeuvre monumentale de Richard Strauss en écoutant la balado de l'Opéra de Montréal.

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