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Retour sur la création d'Elektra de Richard Strauss 
Par
Sylvia L'Écuyer

Date de publication

27 nov. 2015

Genre

Le critique américain Alex Ross, dans son remarquable ouvrage The Rest Is Noise, ouvre son précieux guide d’écoute de la musique du 20e siècle par une date importante, celle du 16 mai 1906. Ce jour-là, à Graz, Richard Strauss dirigeait la première autrichienne de son nouvel opéra, Salomé, et tout le gratin artistique et aristocratique d’Europe s’y était donné rendez-vous. Cette première aurait dû avoir lieu à Vienne plutôt que dans une petite ville de province. Mais l’Opéra de la Cour avait refusé ce spectacle ultra-dissonant sur un livret écrit par le compositeur, inspiré de la Bible, mais traité avec un réalisme crû dépeignant la luxure d’une adolescente et la convoitise d’un homme de pouvoir et se terminant par une scène de nécrophilie.

Contre toute attente, Salomé obtient un succès immédiat et dès juin 1906, Strauss, qui avait assisté à une représentation de la pièce de Hugo von Hofmannsthal Elektra, s’en inspire pour composer un nouvel opéra dont le sujet ressemble un peu à celui de Salomé. Il ira encore plus loin dans la dissonance avec cette Elektra hantée par la mort et la vengeance, un rôle d’une intensité inouïe où l’héroïne, confrontée à un orchestre de plus de 100 musiciens, dansera jusqu’à la mort. Elektra aussi est un triomphe : créé en janvier 1909 à Dresde, il est représenté à New York, Munich, Hambourg, Berlin, Vienne, Milan et Dusseldorf avant la fin de l’année.

À l’époque où Schoenberg est en train de s’affranchir du système tonal, où Freud publie ses études sur l’hystérie et décrit pour la première fois le complexe d’Œdipe, où l’Europe est en pleine instabilité politique, la musique de Strauss est bien de son temps. Mais comment ne pas constater qu’elle est toujours aussi actuelle et poignante?

Les exigences de la partition ont permis à peu de chanteuses d’être à la hauteur de ce rôle. Mais dans les années 60 et 70, l’une d’entre elles s’est imposée : Birgit NiIsson. L’enregistrement devant public réalisé à l’Opéra de Vienne en1965, dans une production de Wieland Wagner et sous la direction de Karl Böhm, n’a été mis sur le marché qu’en 2014 sous étiquette Orfeo et s’impose comme un modèle autant pour la violence irrépressible de la musique que pour la justesse et la profondeur psychologique des personnages. C’est la version audio que je recommande.

Quant à une version vidéo, celle qui a été enregistrée à Aix-en-Provence en 2013 est un incontournable. Trois mois avant sa disparition, Patrice Chéreau faisait son grand retour au Festival d’Aix. La présence physique et l’intensité d’Evelyn Herlitzius dans le rôle d’Elektra et la vulnérabilité de Waltraud Meier en reine Clytemnestre sont renversantes. Il faut signaler la présence de deux artistes canadiennes sur cette vidéo remarquablement tournée, Adrianne Pieczonka incarne superbement le rôle de la sœur d’Elektra, Chrysotemis, et la soprano Marie-Eve Munger est une des servantes. Les critiques ont eu raison de qualifier cette production d’éblouissant testament esthétique d’un grand visionnaire.

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