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La révélation Arvo Pärt
Par
Frédéric Trudel

Date de publication

11 sept. 2015

Genre

Je me souviens, comme si c’était hier, de la première fois que j’ai entendu la musique d’Arvo Pärt. C’était au printemps 1987. Alors jeune étudiant universitaire en technique d’écriture musicale, j’étais à une petite fête de fin d’année scolaire, chez des amis. La soirée était déjà bien avancée lorsque, peu à peu, du fond de l’appartement, à travers le brouhaha de la fête, une étrange musique a commencé à s’élever doucement au-dessus des voix, des rires et des bruits. Je me rappelle avoir glissé dans une sorte de coma hypnotique, désormais fin seul au beau milieu de ce joyeux printemps. M’extirpant de ma torpeur, quelqu’un m’a dit : « C’est le disque Arbos d’Arvo Pärt avec l’Ensemble Hilliard, ça vient de sortir sur ECM, je te le prête. » Rentré chez moi tard dans la nuit, j’ai écouté, en pleurant, toutes les plages de cet invraisemblable album. Le jour se levait sur Montréal comme sur un nouveau monde.

Je me demandais comment il était possible qu’une telle musique puisse exister de nos jours? Comment osait-on composer de cette façon à la fin du 20e siècle? À cette époque, je m’astreignais, comme tous mes confrères de classe, à composer de bien modestes et puérils essais de musique contemporaine, dans la droite ligne de ce qu’on nous enseignait à l’école, à la façon des Boulez, Ligeti, Berio ou Xenakis. Et voilà que nous arrivait, du fin fond de l’Estonie, ce mystérieux compositeur d’œuvres sacrées aux accents archaïques mais dont le langage n’en était pas moins puissamment actuel et novateur. Quoi! Il était donc envisageable de composer sérieusement de la musique consonante de nos jours? Mais n’était-ce pas là revenir en arrière et contraire à l’idée même de l’invention musicale? On nous parlait dissonance, complexité, progrès. Et pourtant, quelque part en ce monde, un compositeur s’efforçait, lui, de progresser dans une autre voie, celle du dépouillement, de l’harmonie, de la beauté… Quelques années après le choc des musiques minimalistes américaines, Arvo Pärt incarnait, à son tour, un nouveau visage de la modernité.

Une révélation, c’est le souvenir que je garde des parutions, en ces années-là, des tout premiers enregistrements « occidentaux » des œuvres d’Arvo Pärt sous l’étiquette ECM. Quelques années avant Arbos était sorti, en 1984, le fameux album instrumental Tabula rasa, comprenant notamment le bouleversant Fratres, interprété par Gidon Kremer et Keith Jarrett, et l’émouvant Cantus à la mémoire de Benjamin Britten. Puis, en 1988, paraissait le disque Passio, un autre jalon qui a contribué à la renommée d’un compositeur qui allait définitivement marquer le monde de la musique et la vie de millions de gens.

Écoutez Fratres dans l'interprétation de Stéphane Tétreault et Charles Richard-Hamelin, une production d'ICI Musique:


À regarder :

Vidéo exclusive : Stéphane Tétreault et Charles Richard-Hamelin jouent Fratres d'Arvo Pärt

À écouter :

Une heure avec Arvo Pärt aux Soirées classiques ainmées par Mario Paquet

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