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FME : l’ouragan Sandy Boutin
Par
Rebecca Makonnen

Date de publication

06 oct. 2015

La première fois que je l’ai rencontré, c’était il y a 12 ans chez Louis-Jean.
Il était au téléphone (il n'a pas raccroché depuis) et m'a lancé un vague regard désintéressé.

Marie-Pierre Arthur

Lorsque je le rejoins chez Simone Records, Sandy Boutin est bel et bien au téléphone, mais il est tout sauf désintéressé par son interlocuteur. On brasse des affaires. Il est question de Louis-Jean Cormier (il y a des choses qui ne changent pas).

La veille, il était au Festival For Noise en Suisse, le huitième festival à l’extérieur du pays qu’il a fréquenté cette année pour préparer des sorties d’album sur d’autres territoires et tisser des liens avec d’éventuels collaborateurs.

Sandy Boutin m’étonne. À 39 ans, c’est assurément l’un des joueurs importants de l’industrie du disque au Québec. Son influence est indéniable. Originaire de Rouyn-Noranda, il est le président du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME) et celui de Simone Records, maison de disques qui, au cours des 18 derniers mois, a produit et lancé les albums des Hay Babies, de Julien Sagot, de Stéphanie Lapointe et de Dany Placard. Cette étiquette a aussi produit ceux de Marie-Pierre Arthur, d'Ariane Moffatt et de Louis-Jean Cormier, lancés à environ 30 jours d’intervalle au début de 2015.

À l’aube de sa 13e année, le FME est devenu un passage obligé pour les artistes (et avouons-le, pour les journalistes, désireux d’être là où le courant passe) et un événement culturel bien implanté dans la ville que tous se sont appropriée.

«  Le FME veut rester à l’affût de ce que les gens veulent : autant la communauté artistique que les gens de Rouyn, le public et les médias. Il ne veut pas être figé dans le temps, il veut toujours être évolutif, essayer de faire des choses » Sandy Boutin parle du festival qu’il a cofondé, mais il pourrait décrire sa vision du métier en général. À l’heure critique où les ventes de disques sont en chute libre, où l’accès gratuit à la musique en ligne progresse avec fulgurance dans l’incertitude et où les festivals sont en péril, Sandy Boutin ne désespère pas et surtout, avance.

«  Il n'y a plus rien qui tient, il n'y a plus de règles, donc on essaie de nouvelles affaires », dit celui qui se demande d'où vont provenir les revenus des artistes si le marasme perdure.

Pas du genre à se décourager, Sandy Boutin remet en question, propose et cherche d’autres solutions. Par exemple, fini les tournées qui démarrent six mois après le lancement d’un album. Moffatt, Arthur et Cormier étaient tous sur la route une semaine plus tard. On a rarement vu ça.

Il essaie des affaires. Des fois, ça me fâche, mais c'est tout même ce qui me fait l'admirer encore.

Marie-Pierre Arthur

« Il faut être capable de prendre des décisions », explique le principal intéressé lorsque je lui demande comment il fait pour mener une idée à terme.
« Est-ce que c’est la bonne décision? Je ne peux pas te le garantir, mais il faut en prendre une. La pire chose, c’est l’inertie. C'est n'est pas QUE la rentabilité des entreprises qui en jeu, c’est carrément la vie des artistes, de tes collègues et employés. Si l'on se plante, c’est sa carrière, c’est sa vie. On n’est pas désinvolte », s'exclame-t-il.

Il joue peut-être de prudence, mais la confiance règne entre lui et ses artistes.

On sent tout de suite les gens qui ne cachent pas un joker dans leur poche d'en arrière, qui sont franc-jeu et dans la même équipe que les artistes avec qui ils travaillent.

Ariane Moffatt

Si Simone Records est sur le radar, estime Sandy, c'est « parce qu'Ariane Moffatt a terminé un contrat de disque avec Audiogram et nous a choisis. C’est flatteur! Après Karkwa, Louis-Jean aurait pu aller n’importe où, mais il nous a choisis. C’est un signe de confiance. »

Sa maison de disques, il la voit un peu comme une famille. 

« Faire une place à sa gang. Il y a vraiment un esprit de clan, puis c’est l’esprit de clan des amis de Karkwa à la base; des gens qui gravitent et qui rayonnent dans un même cercle. »

Son cercle s’agrandit. D’ailleurs, Quartiers d’hiver , la version hivernale du FME, reviendra peut-être pour une deuxième année en 2016. Le pilote s’est bien déroulé, mais la température a été implacable. Entre deux concerts, le mercure a chuté de 20 degrés! Sandy Boutin envisage même peut-être une version cabane à sucre du FME en mars.

« Je suis habitué d’être au service de quelque chose. J’ai commencé ma carrière en étant au service d’une cause (NDLR La cause souverainiste) et c’est la même chose en musique. Je ne suis pas là pour me mettre en valeur moi-même. »

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