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Festival d’Aix-en-Provence : de l’audace dans  la continuité 
Par
Sylvia L'Écuyer

Date de publication

05 déc. 2015

Genre

 Un des premiers opéras de Haendel « redécouverts », Alcina reste aujourd’hui l'un des plus souvent présentés. Des interprètes tels que Joyce DiDonato, Anna Prohaska, Karina Gauvin et Philippe Jaroussky ont gravé les airs les plus spectaculaires de l’opéra au disque et des productions récentes, de Londres à Bruxelles, en passant par Toronto, ont révélé tout le pouvoir de séduction de cette œuvre écrite par Haendel pour le castrat Carestini à Covent Garden. À Aix, la virtuosité ne se trouvait pas uniquement dans le déploiement vocal mais aussi dans l’ingénieuse mise en scène de Katie Mitchell qui rend cruellement vivante et parfaitement lisible cette légende de la sorcière Alcina et de sa sœur Morgana. L’argument est tiré de l’Orlando furioso d’Arioste, source quasi inépuisable de livrets pendant au moins deux siècles. Les deux magiciennes séduisent et attirent sur leur île des chevaliers, qu’elles aiment un moment, puis qu'elles transforment en rochers ou en animaux quand elles s’en lassent. Le stratagème dure depuis longtemps, si longtemps que les deux sorcières doivent recourir à leur magie pour paraître toujours jeunes et séduisantes aux yeux de leurs victimes. Sur scène, de part et d’autre d’un salon élégant, deux comédiennes, chacune dans un sombre cagibi, incarnent les sorcières vieillissantes. Chaque fois qu’elles franchissent les portes du salon, elles se transforment sous nos yeux en créatures jeunes et rayonnantes. Le charme opère, non seulement sur les Ruggiero, Oronte et autres chevaliers, déjà transformés en renards ou en lions des montagnes dans la mystérieuse fabrique d’animaux empaillés à l’étage, mais sur tout l’auditoire. Rarement a-t-on vu un metteur en scène faire preuve de virtuosité au service de la musique de façon aussi convaincante.

Photo Patrick Berger/Festival d'Aix-en-Provence

Quant à la voix et au jeu de Patricia Petitbon, d'Anna Prohaska et de Philippe Jaroussy, on peut difficilement imaginer de meilleurs interprètes, capables de rendre justice pendant plus de trois heures à une partition truffée des plus incroyables difficultés tout en se livrant à des ébats amoureux ou en laçant leurs chaussures…

Je ne voudrais pas non plus quitter Aix sans vous parler du Monstre du labyrinthe de Jonathan Dove, un « opéra pour tous » adapté du mythe de Thésée, vainqueur du Minotaure. Le spectacle a été donné d’abord à Londres et à Berlin en version anglaise puis allemande. Pour la création française à Aix, le festival, qui ne ménage aucun effort pour créer des « passerelles » entre les membres de la communauté, a réuni pas moins de 300 choristes amateurs, enfants, adolescents et adultes. Sir Simon Rattle dirigeait ces troupes et le London Symphony Orchestra avec un enthousiasme communicatif. Ce spectacle est une belle suggestion pour le Festival d’opéra de Québec, d’autant plus que le Festival d’Aix-en-Provence propose volontiers de réaliser des tournées pour ses productions.

Le 7 juillet, une soirée très émouvante se tenait dans le petit théâtre du Jeu de Paume. Soucieux de créer des liens entre les divers foyers culturels de la Méditerranée, Aix rendait hommage au Festival de Baalbeck, le plus ancien et le plus prestigieux événement culturel du Moyen Orient. Créé en 1956 et presque disparu en 2006, le Festival de Baalbeck présente des artistes venus de tous les horizons dans le magnifique site du Temple de Bacchus. L’émotion était palpable dans la salle bondée où une partie notable du public arabophone savourait la lecture et le chant de poètes libanais, d’Etel Adnan à Wajdi Mouawad.

On rêve déjà du Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence de 2016, qui remettra à l’affiche Mozart avec un Cosi fan tutte sous la direction de Louis Langrée et, après le succès de l’Ariodante de 2014, le troisième volet d’une trilogie de Handel, Il trionfo del Tempo mis en scène cette fois par Krzysztof Warlikowski. La metteure en scène britannique Katie Mitchell se verra confier Pelléas et Mélisande, avec la Canadienne Barbara Hannigan dans le rôle titre, tandis que Peter Sellars et Esa-Pekka Salonen proposeront une soirée Stravinsky. Deux nouvelles oeuvres lyriques seront crées, dont une en langue arabe. Il est temps de réserver vos places et, pour les artistes de la nouvelle génération, de vous inscrire à l’Académie européenne de musique d’Aix-en-Provence qui propose des résidences pour la voix, la musique de chambre, la création et l’orchestre. 

En attendant, Place à l’Opéra vous ramènera à Aix cet automne avec la diffusion de Svabda d’Ana Sokolovic et de l’inoubliable programme double Iolanta / Perséphone sous la direction de Teodor Currentzis.

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