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Festival d’Aix-en-Provence : de Svadba à l’Enlèvement au sérail
Par
Sylvia L'Écuyer

Date de publication

05 déc. 2015

Genre

Svadba signifie mariage en serbo-croate, la langue maternelle de la Canadienne Ana Sokolović. Même si la langue est parfaitement inconnue de tout l’auditoire et les effectifs tout à fait inhabituels – six voix de femmes a capella et l’intervention de quelques petites percussions –, la pièce n’avait pas vraiment besoin de présentation pour en saisir la richesse. Commandée par l’audacieuse et regrettée compagnie torontoise Queen of Puddings, Svadba avait déjà conquis le public de quelques villes canadiennes, dont Vancouver, en version concert. Donnée en version scénique à Philadelphie et maintenant en première européenne, elle s’insère parfaitement à Aix dans l’esprit d’un festival qui se veut ouvert sur le monde, et particulièrement sur la Méditerranée. Les rythmes complexes et l’écriture vocale typique du folklore des Balkans sont irrésistibles – vous vous rappelez le succès fou du Mystère des voix bulgares en 1975? Après avoir découvert Svadba sans aucun artifice de mise en scène, je ne suis pas certaine que la scénarisation a beaucoup apporté à l’œuvre.  Mais nous sommes à un festival d’art lyrique après tout, et c’est peut-être ce qu’il faut pour que les sceptiques, qui se demandent si c’est vraiment un opéra, soient confondus.  Ceux-là devront écouter le propos du directeur Bernard Foccroule qui décrit déjà avec enthousiasme les nouvelles voies de l’opéra.

Bernard Foccroule, grand visionnaire, discute de l'avenir du festival

 

Entrevue Bernard Foccroule

Entrevue

Audio

Un peu plus de deux heures après la première de Svadba, monsieur Foccroule a pris la parole au magnifique Théâtre de l’Archevêché pour présenter… Mozart! La sublime musique de ce Singspiel est bien sûr familière au public d’Aix, tout comme l’argument : Belmonte part à la recherche de sa fiancée Konstanze enlevée par Selim et ses troupes musulmanes. Pourtant, la présentation s’imposait, même si elle a créé quelques remous et des murmures dans l’auditoire. La mise en scène de cet opéra est souvent traitée avec un mélange d’humour et d’idéalisme, mettant en évidence la magnanimité du pacha et sa noblesse. Ici, sous la signature de l’Autrichien Martin Kušej, il réservait des moments de violence et de brutalité au public averti. Ce que le directeur du festival nous a annoncé, après avoir rappelé que Mozart avait écrit son opéra alors que les Autrichiens avaient encore en mémoire les horreurs de la guerre contre l’Empire ottoman, c’est que le metteur en scène avait accepté de modifier certaines scènes. Il a également parlé de l’opéra comme d’un art qui s’inscrit dans notre temps et dont la pertinence est de plus en plus évidente. À vrai dire, on s’attendait au pire, étant donné que dans le livret original, Osmin, le gardien du sérail, menace son prisonnier Pedrillo d’être « étripé, décapité, empalé sur un pieu brûlant, calciné, puis enchaîné et noyé, et enfin écorché ».  Le pire a été supprimé et la musique a triomphé, servie par des interprètes magnifiques dont le Selim de Franz Josef Selig, le Belmonde de Daniel Behle, et le remarquable acteur Tobias Moretti dans le rôle parlé du pacha. La Canadienne Jane Archibald reprenait le rôle de Konstanze qui lui a déjà valu les plus grands éloges en Europe.

Crédit photo : Pascal Victor/Festival d'Aix-en-Provence

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