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Viyay Iyer Trio : Break stuff. Vraiment?
Par
Ralph Boncy

Date de publication

10 avr. 2015

Genre

Virtuose new-yorkais d’origine indienne, Iyer a fait bien des détours avant de s’installer chez ECM, mais il semble déterminé à rattraper le temps perdu. Il nous présente son troisième enregistrement réalisé en un an pour la fameuse étiquette allemande, où il est flanqué cette fois de Stephen Crump à la contrebasse et de l’imprévisible batteur noir Marcus Gillmore, qui complètent son trio aventureux depuis plus de 10 ans. Déjà?

Complexité, richesse, ambition

  

Première surprise : l’entrée en matière, étonnement sobre avec une pièce baptisée Starlings, semble vouloir justifier d’emblée le transfert de Iyer sous la bannière ECM, étiquette dont le slogan était, à l’origine « Le plus beau son après le silence ». Mais ce n’est là qu’un début. Copieuse, l’œuvre s’étale sur plus de 70 minutes et se complexifie sans cesse avec huit pièces originales et trois classiques signés Billy Strayhorn, Thelonious Monk et John Coltrane.

Les détracteurs d’Iyer auront beau lui reprocher une approche trop cérébrale ou sa technique outrancièrement spectaculaire, tout ici reste pertinent, intriguant.
« Ce n’est pas une affaire de soliste, explique Iyer avec conviction, mais une évolution des grooves, des textures, des espaces. »

Bloodcount est une ballade solitaire dans l’univers de Strayhorn à la fin de sa vie, alors qu’il contemplait sa propre mort. Countdown de Coltrane jaillit d’un duel piano-batterie, et Work, une relecture de l’idole absolue de Iyer (Monk), ne dévoile la vraie mélodie qu’à la toute fin.

« Merci à eux, écrit-il dans les notes de la pochette. Ils ont pavé la voie. » 

Breaks, contretemps, littérature

Le concept de l’album est censé démontrer ce qui se passe dans la musique au moment des breaks qui, faut-il le souligner, pullulent ici, littéralement. Donc, tout part du rythme, de l’Afrique. C’est le cas de Hood, une pièce ultra répétitive et avant-gardiste qui s’inspire, en fait, de la techno.

Le titre de l’album est un fin jeu de mots qui ne signifie pas « briser des choses », le sens premier en anglais, mais renvoie à la recherche, de préférence, de la façon de remplir les pauses soudaines dans la musique, les cassures rythmiques, les arrêts brusques et synchronisés.

Toutefois, Break stuff dérive aussi, en partie, d’une expérience lancée par Vijay Iyer, de concert avec le Musée d’art moderne à Manhattan. L’événement Open city (« ville ouverte ») englobait un large ensemble de 19 musiciens et choristes, des chants d’oiseaux et une lecture de textes de son ami romancier, Teju Cole.

Même à long terme, on ne perçoit donc aucune panne de panne de créativité pour ce trio-là. Afin de vérifier la chose, vous êtes invités à écouter l’hallucinant Taking flight ou Mystery woman, basé sur un raga du sud de l’Inde. En un mot : vertigineux.

Dans le mini-documentaire qui suit, les trois membres du Vijay Iyer trio expliquent, en anglais, leur processus évolutif.

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