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Une nouvelle génération de chanteurs noirs à l'opéra!
Par
Sylvia L'Écuyer

Date de publication

04 févr. 2015

Genre

 Sur scène, aux côtés de l’Américain Kenneth Overton, les Canadiennes Measha Brueggergosman, Marie-Josée Lord, Chantal Nurse et surtout le Montreal Gospel Jubilation Choir ont chanté et joué avec une émotion palpable et fait vivre la partition avec conviction. Malgré la controverse qu’a suscitée la création de cet opéra à Boston, en 1935 – on a dit que Gershwin, Blanc et juif, proposait une vision raciste des Noirs –, il n’en demeure pas moins que celui-ci brisait bien des tabous.

La présence de chanteurs noirs sur les scènes d’opéra était loin d’être une évidence jusqu’au milieu du 20e siècle. La première Afro-Américaine à se produire sur la scène du Met en 1955 a été Marian Anderson. En Europe, on avait déjà ouvert les portes aux interprètes noirs. On sait que Grace Bumbry a fait ses débuts à Bayreuth dans le rôle de Vénus en 1961, au grand dam des habitués qui ont cependant vite changé d'avis après sa bouleversante interprétation le soir de la première, qui lui a valu, paraît-il, une ovation de 30 minutes. La même année, Leontyne Price faisait ses débuts sur la scène du Met dans Le trouvère après avoir refusé d’y chanter le rôle d’Aïda en 1958 : elle ne voulait pas y paraître dans le rôle stéréotypé d’une esclave éthiopienne. Et elle a eu raison : au cours de sa carrière, elle a incarné Madame Butterfly, Donna Anna (Don Giovanni), Tatiana (Eugene Onegin) et Elvira (Ernani). Bien d’autres ont suivi, notamment Shirley Verret, Kathleen Battle, Jessye Norman et Denyce Graves, dont la carrière n’a pas eu à constamment souffrir des stéréotypes.

Du côté des hommes, les stéréotypes ont été plus persistants. Il est vrai que c’est aussi en 1955 que Robert McFerrin (le père de Bobby) a fait ses débuts sur la scène du Met, mais on ne lui a offert que des rôles stéréotypés. Avant lui, Paul Leroy Robeson s’est produit dans Othello et Showboat. Il a fallu attendre 1977 pour que Simon Estes soit le premier chanteur afro-américain à se produire à Bayreuth dans le rôle-titre du Fliegende Holländer. En plus de la barrière raciale, une des raisons non négligeables des stéréotypes attachés aux chanteurs noirs est que leur type de voix est plus fréquemment celui de basse profonde. Ils se sont longtemps vus enfermés dans les rôles (superbes!) d’Amonasro (Aïda), de Porgy, d’Othello et de Sarastro (La flûte enchantée)
Parmi les premiers à sortir du carcan, il y a le magnifique Eric Owens, inoubliable Alberich au Met pendant les dernières saisons, qui a récemment incarné avec un charisme stupéfiant le général Leslie Groves dans l’opéra de John Adams, Dr Atomic.

Aujourd’hui, ceux que je souhaite surtout vous présenter, ce sont trois merveilleux chanteurs de la jeune génération : la soprano Pretty Yende, le ténor Lawrence Brownlee et la basse Soloman Howard.
La jeune Sud-Africaine Pretty Yende, qui aura 30 ans cette année, a fait ses débuts au Met dans le rôle d’Adèle du Comte Ory en 2013, remplaçant au pied levé Nini Machaidze, et sans avoir jamais chanté le rôle auparavant.

Il faut dire qu’elle avait remporté le concours Operalia en 2011 et qu’elle est d’un naturel désarmant sur scène. Elle interprète ce mois-ci le rôle principal dans Lucia di Lammermoor à Berlin.

Quand il va créer en juin à Philadelphie le rôle de Charlie Parker, dans l’opéra Yardbird, écrit spécialement pour lui, le ténor Lawrence Brownlee n’aura pas à craindre d’être enfermé dans un stéréotype afro-américain. Né en Ohio, ce surdoué joue d’une demi-douzaine d’instruments, danse la salsa, participe à des championnats de ping-pong et déborde d’énergie. C’est déjà le parfait Almaviva du Barbier de Séville et il sillonne la planète pour chanter Tamino, Ramiro, Ottavio, et Nemorino, ici en récital à La Scala :

C’est dans la salle du Met que j’ai entendu pour la première fois la voix de la basse Soloman Howard qui faisait ses débuts dans le rôle du roi d’Égypte dans la production classique d’Aïda. J’ai été vraiment saisie par l’ampleur et la beauté de sa voix, que j’ai eu le plaisir de réentendre lors de la diffusion de l’opéra en janvier. Il a 33 ans et, avant de chanter, il jouait au football. Il n’est d’ailleurs pas le premier footballeur professionnel à devenir chanteur : le baryton-basse afro-américain Keith Miller est souvent présent sur la scène du Met. La carrière de Soloman étant encore toute jeune, on trouve peu d’enregistrements de lui. Il chantera le rôle du géant Fafner à Washington la saison prochaine. Mais le voici en répétition pour Show boat à l’Atelier des jeunes artistes de l’Opéra de Washington :

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