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Festival international de jazz de Port-au-Prince : mèsi bondye!
Par
Stanley Péan

Date de publication

25 janv. 2015

Genre

« Nous sommes privilégiés, j’en ai conscience, de pouvoir jouer dans un hôtel aussi splendide que le Karibé, de côtoyer des musiciens talentueux venus des quatre coins du monde », de me confier candidement la Montréalaise Ranee Lee, invitée à se produire en concert en Haïti pour la première fois. J’en conviens volontiers, même si, comme elle, l’enthousiasme et les émois musicaux ne me rendent ni sourd ni aveugle aux conditions de vie difficiles de l’essentiel de la population locale. Pas encore tout à fait remise du tremblement de terre qui l’a dévastée il y a cinq ans presque jour pour jour, Port-au-Prince ne compte plus ses blessures, dont certaines antérieures à 2010. Malgré l’adversité, les habitants de la capitale haïtienne continuent pourtant leur vie quotidienne avec courage et opiniâtreté, certes, avec une sorte de philosophie qu’on aurait tort de prendre pour de la résignation fataliste.

Fondé il y a neuf ans par Joël Widmaier, ex-chanteur et leader du défunt groupe culte Zèklè, le Festival a survécu au séisme survenu quelques jours après sa quatrième édition. Qui plus est, il n’a cessé de prospérer, au point de s’imposer comme un événement musical et culturel incontournable dans la Caraïbe! Pour la neuvième année consécutive, l’équipe de la Fondation Haïti jazz, qui chapeaute la manifestation, a su concocter avec la complicité de plusieurs ambassades une programmation variée, mettant en valeur des artistes connus ou moins connus issus d’horizons divers, tant sur le plan géographique que sur le plan esthétique.

Au cours des derniers jours, des valeurs sûres comme la chanteuse canadienne Ranee Lee ou la formation étasunienne The Yellowjackets ont partagé les diverses scènes de l’événement avec des artistes en émergence comme le trompettiste chilien Sebastián Jordán, le pianiste belge Igor Gehenot et le guitariste haïtiano-new-yorkais Chardavoine, qui revenait dans sa mère patrie pour la première fois depuis 42 ans! Avec la volonté de faire de cette manifestation une occasion d’échange, PAPJAZZ (ainsi qu’on surnomme ici le Festival) a fait de la tenue de classes de maître une tradition, permettant aux musiciens étrangers de communiquer leurs expériences à leurs collègues du cru, professionnels ou encore en formation.

Pour la première fois cette année au Festival international de jazz de Port-au-Prince, un pays et sa musique étaient à l’honneur, en l’occurrence le Mexique, représenté par l’un des groupes les plus étonnants et détonnants de la programmation, la formation Troker, issue de Guadalajara. Avec son approche typique de cette génération de formations mexicaines contemporaines qui mélangent allègrement le rock, le hip-hop, l’electronica et les improvisations du jazz avec des touches de musique mariachi, Troker s’est produit à deux reprises cette semaine, chaque fois devant des foules électrisées.

La fin est proche, je m’en attriste déjà. À la veille de la clôture, il reste encore à voir et à entendre quelques poids lourds, notamment le pianiste français Laurent De Wilde, le trompettiste trinidadien Etienne Charles et le saxophoniste et multi-instrumentiste haïtien Jowee Omicil, qui se produira comme soliste invité du supergroupe de konpa Tabou Combo au concert de clôture demain. D’ici là, ce soir à Quand le jazz est là, je vous proposerai une manière de résumé de ma semaine, avec la musique de tous ces artistes qui m’ont enthousiasmé et quelques brèves entrevues.

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