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La discothèque d'À ciel ouvert : Brahms, une audition et moi
Par
Katerine Verebely

Date de publication

14 nov. 2014

Genre

Cette semaine, j'ai le plaisir de remplacer Michel Keable à l'animation d'À ciel ouvert.

Et voici ma partition de l'œuvre en vedette dans notre segment « La discothèque à ciel ouvert. »

Il s'agit de la Sonate no. 2 pour clarinette et piano, de Brahms. La toute première partition que je me suis achetée, avec mon argent de poche. J'avais 15 ans. Je venais de décider de me présenter aux auditions de clarinette du Conservatoire de musique de Montréal. 

Je me souviens très bien du jour où je l'ai achetée. J'arrive au magasin, à la recherche d'une pièce solo. Un peu sur un coup de tête, je décide de faire fi de la liste de pièces suggérées par le Conservatoire. « Tout le monde va jouer Weber ou Stamitz. Pourquoi ne pas présenter autre chose? » Appelez ça l'innocence de la jeunesse...

En fouillant dans les bacs, mon regard est attiré par une belle couverture jaune pâle. « Tiens, une sonate de Brahms... pourquoi pas? J'adore ses symphonies. ». Erreur, jeune fille. Les symphonies et les sonates, deux combats bien différents. J'allais l'apprendre à la dure. Pendant des mois, j'ai travaillé sans relâche. J'en ai fait une obsession : je ne sortais plus, je ne voyais plus mes amis... J'en rêvais même la nuit! 

Non pas que la partition ait été extrêmement difficile à jouer sur le plan technique. C'était pire que ça : il fallait aller au-delà des notes. Chez Brahms, la musicalité fait foi de tout. Chaque note est importante. Un geste de travers, un petit accro dans l'intention musicale, et la phrase s'écroule. Sans le savoir, je venais de m'embarquer dans une des plus belles galères musicales de ma jeune vie d'interprète.

Le jour de l'audition, il neigeait. Une vraie belle bordée de neige, du genre qui engourdit toute la ville. J'ai bien failli ne jamais arriver à temps. Au moment de commencer à jouer, je me souviens m'être dit : « Joue avec la tempête. ». Romantique, vous dites?

Ben coudon,... le dieu des auditions (ou celui des jeunes musiciennes inexpérimentées) était avec moi ce jour-là. J'ai été acceptée au Conservatoire. Et la musique de Brahms ne m'a plus jamais quittée. 

Nous vous proposons cette semaine une version du clarinettiste suédois Martin Fröst. Bonne écoute! 

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