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25e de la chute du Mur de Berlin : un archet et une baguette pour la liberté
Par
Mario F. Paquet

Date de publication

10 nov. 2014

Genre

Le 10 novembre 1989, le violoncelliste Mistislav Rostropovitch était bien tranquille dans son appartement parisien lorsqu’il apprend par la radio ce qui se passe à Berlin. Il en est profondément troublé. Il n’a qu’une seule idée en tête : se rendre à Berlin. Mais voilà, c’est le chaos dans les transports et l’entreprise s’annonce ardue. Il s’y rendra le lendemain grâce au jet privé de son ami Antoine Riboud, le président de Danone. La suite de l’histoire est connue. Les images feront le tour de la planète.

Armé de son violoncelle, il improvisera un concert au matin du 11 novembre au pied du mur à peine percé, près de Check Point Charlie, le point de passage symbolique de l'Est à l'Ouest. Rostropovitch répétait souvent que c'était comme si le mur de Berlin séparait « les deux parties de son cerveau ». 

Selon sa fille Elena, ce jour-là, son père avait d’abord joué pour lui-même et non pas pour le monde.  

« C'était son testament personnel, c'était comme si c'était sa propre fête : il avait été obligé de vivre constamment tiraillé entre deux patries, l'URSS et le reste du monde, et le Mur symbolisait à lui seul cette séparation entre deux univers. Il n'avait jamais pensé le voir tomber. »

-Elena Rostropovitch

Et il a commencé à jouer une Suite de Bach, en mode majeur, « pour exprimer toute sa joie ». Au début il était seul, puis le gardien d’un immeuble tout proche a alerté les voisins, dont une jeune femme qui s'est mise à pleurer silencieusement. En la voyant, Rostropovitch a repris conscience du passé tragique de l'endroit où il se trouvait. Il a alors rejoué du Bach, mais cette fois, en mode mineur, pour rendre hommage aux vies perdues et à celles brisées pendant la guerre froide.

 

Un mois plus tôt, à Leipzig…

 Le 6 octobre 1989, Mihail Gorbatchev est en visite officielle à Berlin Est à l’occasion du 40e anniversaire de la RDA. Des manifestants, de plus en plus nombreux expriment pacifiquement leur volonté de changer les choses et une véritable révolution larvée est en cours. Dans la journée du 9 octobre, à Leipzig, 70 000 personnes descendent

dans la rue avec des bougies et des flambeaux en main.

C’est là qu’entre en scène Kurt Masur. Il dirige à l’époque l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig depuis presque 20 ans et jouit d’une grande notoriété. Masur est résolument pacifiste et prône l’ouverture du régime Honecker. Mais ce dernier a déjà donné l’ordre aux forces de sécurité de réprimer les manifestations en ouvrant le feu au besoin. Egon Krenz, alors membre du Politburo et chargé de la sécurité, se rend à Leipzig et annule l’ordre d’Honecker. Ainsi, ni la police est-allemande, ni l'armée soviétique ne réprimeront cette manifestation décisive  qui encouragera les gens dans d'innombrables villes de RDA à se dresser contre la dictature communiste. Kurt Masur, aujourd’hui âgé de 87 ans, disait que « ce sont les gens qui ont été les héros, ils avaient peur, mais ils ont réagi de manière incroyablement intelligente. »

« J’ai seulement contribué avec d’autres à faire émerger cette aspiration à la liberté que l’on voyait partout. Ce fut mon rôle, c’est mon idéal. Le même qui m’anime chaque fois que je dirige. J’aimerais qu’un jour les politiciens deviennent de véritables diplomates de la paix. »

-Kurt Masur

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