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Janina Fialkowska ou l'importance de prendre son temps
Par
Mario F. Paquet

Date de publication

19 oct. 2015

Genre

J'ai rencontré Janina Fialkowska en marge du dernier Concours musical international de Montréal, où elle faisait partie du jury. Elle-même, 40 ans plus tôt, avait vécu cette expérience en remportant, à 23 ans, un troisième prix ex aequo au Concours Rubinstein de Tel-Aviv. (Pour mémoire, c'est Emmanuel Ax qui avait remporté le 1er prix). Aujourd'hui, elle déplore le fait que ces jeunes musiciens soient pris en otage par un système de marketing qui carbure avant tout à la nouveauté. L'art, dit-elle, est beaucoup plus qu'une affaire de business. Tout pianiste classique a besoin de temps pour se développer, pour atteindre une certaine maturité. Et si la véritable carrière ne commençait qu'à 50 ans, voire au-delà?

Mme Fialkowska aime bien citer le vieux Arthur Rubinstein, qui ne cessait de lui rappeler de prendre son temps. Ce temps, au début des années 2000, a failli lui faire défaut. Sa vie a basculé avec la découverte d'une tumeur cancéreuse très agressive au bras gauche. Rapidement, elle a dû subir des traitements de radiothérapie. Cela n'a pas suffi et une chirurgie s'imposait pour contrer la progression de la tumeur. On lui a enlevé, en 2002, une partie d'un muscle en plus de sectionner un nerf. Même les plus optimistes ne croyaient pas qu'elle remonterait sur scène. Cependant, la pianiste ne s'est pas avouée vaincue. Elle a réappris à jouer du piano en s'investissant dans un patient et rude travail de rééducation de la main gauche. 

La musique classique n'a jamais été pour tout le monde!

Janina Fialkowska

Janina Fialkoska est plutôt critique envers notre rapport à la musique classique. « La musique est entre les mains des gens de marketing plutôt qu'entre les mains des musiciens », dit-elle. Au risque de choquer, elle ose employer un mot aujourd'hui tabou : élite. Le mot a mauvaise presse. Il a une connotation péjorative. Je vous entends protester : « Oser encore associer la musique classique à une élite, quelle horreur ! Quel est ce snobisme! »  Inutile de monter sur vos grands chevaux. Respirez et essayez d'abord de rester plus de 15 secondes sur cette page... (Statistiquement, c'est le temps que nous passons en moyenne sur une page web.)

Poursuivons. Ce qui, selon la pianiste, définit d'abord l'élite d'aujourd'hui, ce n'est ni la classe sociale ni la fortune. Sa manière de concevoir l'élite nous entraîne hors de toute catégorie sociologique, puisque ce qui la distingue avant tout, c'est son rapport au temps. Cette élite est formée d'individus qui sont capables de s'asseoir dans une salle de concert et qui sont ouverts à un moded'écoute de « longue durée ». Alors que tout est formaté, clippé, cette « élite » sait encore donner du temps au temps et accepte d'entrer dans une proposition musicale plus exigeante. Si vous avez le temps, je vous suggère d'écouter ses derniers enreigstrements d'oeuvres de Chopin chez ATMA Classique. Janina Fialkowska est d'ailleurs en train de terminer, sous la même étiquette, des enregistrements de disques Schubert et Grieg, qui paraîtront l'hiver prochain. 

 

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