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Mélissa Laveaux modernise joyeusement le patrimoine haïtien
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Mélissa Laveaux MELISSA LAVEAUX: RADYO SIWEL
  1. LE MA MONTE CHWAL MWEN
  2. NAN FON BWA
  3. ANGELI-KO
  4. KOUZEN
  5. SIMALO
  6. JOLIBWA
  7. TOTALITO
  8. TWA FEY
  9. LEGBA MA KONSOLE
  10. LASIREN LA BALEN
  11. NIBO
  12. PANAMA MWEN TOMBE

Date de publication

09 févr. 2018

Par
Ariane Cipriani

Pour son troisième album, Radyo Siwèl, la chanteuse et guitariste célèbre les chansons traditionnelles et vaudou et les présente dans une savoureuse facture pop dominée par les guitares.

C’est étrange d’être aussi attachée à une île alors que je la connais si peu. Mais ça donne le droit de la rêver. »

Mélissa Laveaux

Pour la première fois, Mélissa Laveaux présente un disque entièrement chanté en créole. On ne croirait pas du tout, à l’écoute de ce disque riche, joyeux et si lumineux, qu’il contient des paroles de résistance. Car Mélissa Laveaux a décidé de s’attarder à une période bien précise de l’histoire du pays de ses parents : l’occupation américaine d’Haïti de 1915 à 1934. Elle ne connaissait rien de cette période, mais des chansons interprétées par de grandes figures haïtiennes, dont Martha Jean-Claude, l’y ont guidée.

Mélissa Laveaux n’a pas baigné dans la culture créole. Ses parents ont fui le régime Duvalier et sont venus s’installer ici. Elle est allée une première fois en Haïti lorsqu’elle avait 12 ans. Elle y est retournée en 2016, pour un séjour de plusieurs semaines.

Elles semblent si légères, ces chansons pop qui puisent dans le calypso, la soca et le rara, mais elles n’en sont pas moins très engagées. Mélissa Laveaux a fouillé les textes, les partitions, les récits parfois incomplets, pour constituer ce disque si riche qu’on ne s’en lassera pas de sitôt. Comme le siwèl, un fruit des champs et des troubadours.

Une chanson comme Angeli-ko, par exemple, qui dit qu’une certaine femme ne sait ni faire à manger, ni tenir une maison et qu’elle devrait donc rentrer chez elle, fait référence à l’épouse d’un gouverneur américain, donc à l’envahisseur. Les Haïtiens savaient tous à quoi elle faisait référence, les Américains n’en avaient pas la moindre idée.

Nan Fon Bwa vient du virtuose Frantz Casséus (1915-2015), compositeur de Port-au-Prince mondialement reconnu. Amoureux du classique depuis son enfance, il a consacré toute sa vie à la préservation des musiques haïtiennes, qui perdaient de leurs couleurs sous l’influence et l’occupation des Américains. Pour boucler les fins de mois, il est aussi devenu luthier.

Radyo Siwèl se veut un hommage autant qu’une relecture très moderne de ce patrimoine musical, qui parle aussi des esprits et de l’érotisme vaudous (Lè Ma Monte Chwal Mwen, Simalo). Sur les 12 chansons proposées, il n’y a qu’une seule composition originale, Jolibwa, en référence à Joseph Jolibois, un journaliste mort en prison en 1936. Mélissa Laveaux l’a mise en musique.

Pour faire ce disque, elle s’est tournée vers le Montréalais d’origine trinidadienne Drew Gonsalvez du groupe Kobo Town, et le trio de musiciens et d’arrangeurs A.L.B.E.R.T. (Vincent Taurelle, Ludovic Bruni et Vincent Taeger).

Mélissa Laveaux a une voix exceptionnelle, sensuelle, à la frontière de la cassure, comme si chaque note était un sommet, une ligne d’arrivée. Son jeu de guitare aussi, il assure, inspiré des grandes figures haïtiennes, et une attitude si libre, entre la douceur et la fronde. Elle a quitté Montréal il y a une dizaine d’années pour s’installer à Paris. Elle dit qu’elle est devenue une artiste plus consacrée à sa carrière, étant là-bas dans le but de faire de la musique. Peut-être la France y est-elle pour quelque chose dans cette émancipation?

Dans une entrevue à RFI, Mélissa Laveaux s’est fait demander à quel point une personne issue de la diaspora se sent légitime d’aller piger dans le répertoire haïtien. « Pas du tout légitime », répond-elle sans hésitation. À l’écoute de ce disque, on dit plutôt le contraire. Quelle originalité et quelle audace. On peut s’enorgueillir du fait qu’elle vienne d’ici.

Toutes les couleurs d'Haïti sont ici rassemblées pour une mosaïque musicale qui fait principalement honneur au compas et au zouk, les musiques principales de la « terre des hautes montagnes ». Entre les pièces dansantes et festives, quelques ballades romantiques et beaucoup de claviers.

Wesley Louissaint, Tabou Combo, Tifane, Vox Sambou, BélO, etc.

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