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Al di Meola : un vendredi soir au Maroc
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Al di Meola AL DI MEOLA: MOROCCO FANTASIA
  1. MISTERIO
  2. SIBERIANA
  3. DOUBLE CONCERTO POUR BANDONEON ET GUITARE (1985)
  4. MICHELANGELO'S 7TH CHILD
  5. GUMBIERO
  6. TURQUOISE
  7. ENCORE
  8. EGYPTIAN DANZA

Date de publication

06 avr. 2017

Genre

Par
Frédéric Cardin

Personne ne doute de la virtuosité du guitariste Al di Meola. Certains doutent, par contre, de sa capacité à demeurer intéressant dans ses divers projets musicaux. Il semble parfois s’éparpiller et manquer de cohérence artistique. Son plus récent album, Morocco Fantasia, penche du côté de l’inspiration excitante; quelque chose comme un bijou dans la lignée du fameux Friday Night in San Francisco.

Morocco Fantasia est avant tout la captation d’un concert donné en 2009 au Festival Mawazine de Rabat, au Maroc. Un DVD existe depuis plusieurs années, mais un album purement audio se laissait désirer. Le voici, opulence sonore garantie et ambiance chaleureuse du public présent en boni (et très appréciés).

On retrouve Al di Meola à la guitare avec son quintette (nommé, un peu péremptoirement, World Sinfonia), constitué de Peo Alfonsi à la deuxième guitare, de Fausto Beccalossie à l’accordéon, de Gumbo Ortiz aux percussions, de Victor Miranda à la contrebasse et de Peter Kaszas à la batterie. Des invités spéciaux se joignent au groupe : Said Chraib (oud), Abdellah Meri (violon) et Tari Ben Ali (percussions).

On renoue avec l’énergie qui fascine tant en écoutant l’album Friday Night in San Francisco, chef-d’œuvre absolu de 1981 où di Meola, en compagnie de John McLaughlin et de Paco de Lucia, donnait aux auditeurs un cours de virtuosité musicale collectif dont aucun d’entre eux ne s’est encore remis. Virtuosité, dis-je, mais il s’agissait avant tout d’une démonstration de musicalité sensible et férocement intelligente, comme il est rarissime d’en entendre.

Ici, di Meola semble étendre la palette de couleurs déployées dans Friday Night… à un ensemble plus étoffé. Mais il ne perd rien du plaisir du jeu en groupe (qu’il s’agisse d’un trio ou d’un quintette bonifié). Et la virtuosité époustouflante de tous les musiciens présents est proprement jouissive.

Le plus agréable, c’est que di Meola garde au placard ses ambitions de faire revivre une sorte de jazz fusion post-rock progressif, ambitions qu’il a exprimées avec un peu trop d’acharnement dans les dernières décennies.

Morocco Fantasia est plus résolument « world » que rock. On en avait besoin, le soleil du sud faisant de petits miracles pour l’humeur!